Difficultés des associations solidaires de collecte de bouchon pour l'accompagnement des personnes en situation de handicap
Agnès CanayerLes Républicains
Sénatrice — Seine-Maritime
La question
Mme Agnès Canayer attire l'attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la transition écologique sur les difficultés rencontrées par les associations de collecte de bouchons plastiques à vocation solidaire et environnementale.
Depuis plus de vingt ans, de nombreuses associations locales, à l'image de BOUCHONS 276 en Normandie, assurent bénévolement la collecte, le tri et l'acheminement de bouchons plastiques destinés au recyclage. Les recettes issues de cette valorisation permettent de financer des aides concrètes pour les personnes en situation de handicap, tout en participant activement à l'économie circulaire et à la réduction des déchets plastiques.
Localement, des associations permettent alors d'accompagner plus d'un millier de bénéficiaires depuis sa création.
Or, ces structures sont aujourd'hui confrontées à une crise majeure de la filière. Plusieurs centres de recyclage ont cessé ou fortement restreint leurs activités de reprise des bouchons plastiques. La fermeture de site de traitement, sans solution alternative déstabilise les associations concernées. Dans le même temps, certains recycleurs imposent désormais des critères de tri extrêmement restrictifs, limitant les plastiques acceptés à quelques catégories précises, obligeant les bénévoles à reprendre manuellement le tri de plusieurs tonnes de bouchons déjà conditionnés.
Cette situation entraîne des conséquences très préoccupantes : saturation des dépôts de stockage, suspension ou restriction des collectes locales, augmentation des coûts logistiques, absence de débouchés économiques viables et risque de voir des tonnes de plastiques finalement orientées vers les déchets ménagers classiques. Plusieurs associations ont publiquement alerté sur l'arrêt progressif de cette filière solidaire pourtant exemplaire sur les plans environnemental et social. De plus, l'absence de soutien financier ou logistique, alors même que l'État encourage le recyclage, le tri à la source et le développement de l'économie circulaire demeure périlleux pour les initiatives locales qui pourrait amener à la disparition progressive de cette filière associative ou découragerait l'engagement citoyen, ce qui fragiliserait l'aide apportée aux personnes en situation de handicap.
Aussi, elle souhaite savoir quelles mesures rapides le Gouvernement entend prendre pour soutenir les associations faisant face aux centaines de tonnes de plastiques actuellement stockées par les associations, faute de reprise par les recycleurs.
Par ailleurs, elle souhaite connaître les intentions du Gouvernement pour garantir la pérennité des filières de recyclage des bouchons plastiques collectés par les associations solidaires, et s'il envisage la mise en place d'un soutien financier ou logistique spécifique afin d'accompagner les associations confrontées aux nouvelles contraintes de tri et de transport.
Enfin, elle souhaite savoir si une concertation nationale avec les éco-organismes, les industriels du recyclage et les associations concernées est envisagée afin d'assurer des débouchés stables et harmonisés sur l'ensemble du territoire.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/10/202626 % des emballages plastiques seulement sont recyclés en France. Or, outre sa contribution aux objectifs de préservation de l'environnement, le recyclage est un levier pour sécuriser l'approvisionnement en matières premières. Il est donc nécessaire de renforcer les capacités industrielles de collecte, de tri et de recyclage pour disposer de plus de matières et de meilleure qualité pour alimenter les industries du recyclage. Il s'agit aussi de créer et sécuriser des débouchés industriels pour les matières recyclées en vue de donner de la visibilité aux industriels qui investissent dans de nouvelles capacités. Cela nécessite de mettre en place un cadre incitatif en faveur des investissements dans le recyclage. À cet égard, des soutiens ont été apportés par France 2030. Dans ce cadre, depuis 2023, une quarantaine de projets industriels de recyclage des plastiques a été soutenue, pour un montant de près de 300 millions d'euros. Des soutiens sont également apportés par le dispositif ORMAT (Objectif Recyclage MATières), financé par le Fonds économie circulaire de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Ces projets contribuent à augmenter les capacités industrielles françaises de recyclage des plastiques. Cette industrialisation du recyclage des emballages plastiques passe également par les éco-organismes et des orientations inscrites dans leur cahier des charges. L'augmentation du recyclage des plastiques doit en outre se faire à travers une approche territoriale adaptée, notamment en s'appuyant sur des initiatives associatives telles que celle mentionnée dans la question. Le Conseil de planification écologique en mai dernier a conduit à annoncer un plan plastique structuré autour de trois piliers complémentaires : la sobriété, le réemploi et le recyclage des emballages plastiques.
Source : senat.fr ↗
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