Question au Gouvernement En attente de réponse #2#

Mouches géomyzes

Posée le 04/06/2026 • Ministère interrogé : Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire

Guillaume Chevrollier

Guillaume Chevrollier Les Républicains

Sénateur — Mayenne

La question

M. le président. La parole est à M. Guillaume Chevrollier, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.) M. Guillaume Chevrollier. Madame la ministre de l'agriculture, lundi dernier, ma collègue Élisabeth Doineau et moi-même nous sommes rendus sur le terrain à la rencontre d'agriculteurs de la Mayenne, confrontés à une prolifération de mouches géomyzes, qui frappe les semis de maïs. Nous avons vu des parcelles ravagées. À ce jour, 80 % d'entre elles sont touchées et 30 % ont déjà été ressemées, soit 30 000 hectares, ce qui entraîne des charges supplémentaires - je pense notamment à l'acquisition de gazole non routier (GNR), dont le prix est élevé. L'agriculture a besoin de maïs pour sa production de lait et de viande, à la fois bovine et porcine. Moins de fourrage et moins de production, ce sont des revenus en baisse pour les agriculteurs et des prix en hausse pour les consommateurs. Face à ce nuisible, les agriculteurs sont démunis - comme avec les corbeaux -, car ils n'ont aucune assurance ni solution curative. Depuis 2017, le Lumiposa, seul traitement réellement efficace, est interdit en France, sans solution de substitution sur le plan technique, alors qu'il reste autorisé à l'échelon européen. Si une dérogation d'utilisation est accordée, les contraintes qui l'accompagnent en réduisent considérablement la portée, notamment dans les parcelles drainées. Les agriculteurs doivent donc multiplier les semis pour sécuriser les fourrages, dans une logique de prévention coûteuse, alors qu'ils subissent déjà les effets d'aléas climatiques. Je refuse d'opposer agriculture et biodiversité, mais je refuse aussi une écologie sans solution, qui laisse les agriculteurs dans l'impasse. Cette invasion met une nouvelle fois en péril la compétitivité de la ferme France et notre souveraineté alimentaire en déclin, qui devrait pourtant être une priorité stratégique, surtout dans le contexte géopolitique actuel. La ferme Mayenne a déjà évalué les pertes liées à la mouche géomyze à 7 millions d'euros. Derrière ce chiffre, il y a des femmes et des hommes attachés à leur terre. Devant cette situation d'urgence, madame la ministre, allez-vous soutenir les agriculteurs concernés, notamment via le fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE) ? Quelles mesures comptez-vous prendre pour sécuriser les solutions de protection des cultures et, plus globalement, pour lutter contre les distorsions de concurrence ? (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)

⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.

Source : senat.fr ↗

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