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Question écrite ✓ Répondue #2#10#

Généralisation de la facturation électronique pour les petits apiculteurs disposant d'un numéro SIRET

Posée le 25/06/2026 · Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Daniel Salmon Daniel SalmonGEST Sénateur — Ille-et-Vilaine

La question

M. Daniel Salmon appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les conséquences de la généralisation de la facturation électronique pour les petits apiculteurs disposant d'un numéro SIRET et relevant du régime de la franchise en base de TVA. Dans de nombreux territoires ruraux, des apiculteurs amateurs ou familiaux produisent des quantités modestes de miel, légèrement supérieures à leur consommation personnelle. Afin de pouvoir commercialiser légalement leur excédent, ils sont tenus de disposer d'un numéro SIRET, obligation qui s'applique dès le premier kilogramme de miel vendu. La quasi-totalité de ces producteurs relève toutefois du régime de la franchise en base de TVA et déclare, au titre du micro-bénéfice agricole, des chiffres d'affaires souvent limités à quelques centaines d'euros par an, voire nettement inférieurs. Lorsque ce chiffre d'affaires est inférieur à 305 euros, aucune imposition n'est due, bien que la déclaration demeure obligatoire. Or, dans le cadre de la réforme de la facturation électronique, ces apiculteurs seront considérés comme des assujettis et devront, à ce titre, se conformer aux obligations de réception puis d'émission de factures électroniques ainsi qu'à la transmission de données à l'administration fiscale. Dès septembre 2026, ils devront être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme adaptée et, à compter du 1er septembre 2027, d'émettre et de recevoir ces factures ainsi que de transmettre les données correspondantes. Si les objectifs poursuivis par cette réforme, notamment la lutte contre la fraude à la TVA et la simplification des obligations déclaratives des entreprises, peuvent être partagés, son application aux très petits producteurs apparaît disproportionnée. Pour ces apiculteurs, les coûts liés à l'utilisation d'une plateforme, les difficultés d'accès aux outils numériques, la complexité administrative supplémentaire et le faible niveau de leur activité créent un risque réel de découragement. Les organisations apicoles alertent déjà sur les effets potentiellement négatifs de cette mesure. Elles consacrent d'importants efforts à accompagner les apiculteurs dans le respect de leurs obligations réglementaires, parmi lesquelles figurent déjà l'immatriculation par un numéro SIRET et, depuis 2023, l'adhésion à un dispositif d'éco-contribution pour les détenteurs de ruches commercialisant leurs produits. L'ajout de nouvelles contraintes administratives et numériques pourrait conduire certains apiculteurs à renoncer à leur activité ou à ne plus se déclarer, avec des conséquences préjudiciables pour la filière apicole, la biodiversité et les services de pollinisation qu'elle rend. En Ille-et-Vilaine, avec plus de 900 apiculteurs déclarés, de nombreux témoignages font état d'une forte inquiétude face à cette réforme, certains envisageant même d'abandonner leur activité si ces obligations leur étaient appliquées sans adaptation. Aussi, il lui demande si le Gouvernement envisage d'introduire des mesures de proportionnalité dans la mise en oeuvre de la facturation électronique pour les très petites activités agricoles. Il souhaite notamment savoir si une exemption pourrait être accordée aux apiculteurs relevant de la franchise en base de TVA et disposant d'un très faible chiffre d'affaires, ou si un seuil spécifique, fondé par exemple sur le nombre de ruches détenues, à l'instar du seuil de 50 ruches retenu par la mutualité sociale agricole pour certaines obligations pourrait être instauré afin d'exclure les plus petits producteurs de ce dispositif.

✓ Réponse du gouvernement

La facturation électronique devient la norme d'échange obligatoire entre entreprises assujetties à la TVA. Dans un environnement où les échanges économiques sont largement numérisés, maintenir un circuit à part pour les plus petites structures aboutirait à les marginaliser progressivement et à entraver le développement de leurs relations commerciales. L'inclusion des petites entreprises dans la réforme vise ainsi à préserver la cohérence du tissu économique. Pour ces raisons, les apiculteurs, même au régime de la franchise en base de TVA, ne bénéficient pas d'un régime particulier.

Depuis le 1er septembre 2026, tous les assujettis à la TVA doivent être en mesure de recevoir les factures de leurs fournisseurs en choisissant une plateforme parmi plus de 130 plateformes immatriculées par l'État pour échanger leurs factures de manière sécurisée et remonter les données à l'administration fiscale.

Pour les franchisés en base, l'obligation d'émettre des factures électroniques et de transmettre leurs données de transaction n'interviendra qu'au 1er septembre 2027.

Les plateformes proposent une diversité de modèles technologiques et commerciaux, susceptibles de répondre aux besoins exprimés par les entreprises durant les phases de concertation avec l'écosystème (entreprises, experts-comptables, organisations professionnelles, plateformes, éditeurs de logiciel...), avec des fonctions comparables à ce qu'aurait pu proposer le portail public.

Cette offre diversifiée est de nature à sécuriser les franchisés en base qui ne disposent pas d'outils structurés de gestion. La réforme les conduit à s'équiper de solutions simples, parfois gratuites ou à très faible coût - parfois intégrées aux offres bancaires professionnelles ou à des logiciels standards. Ces outils apportent une meilleure organisation administrative, un suivi plus clair des paiements et une sécurisation des flux.

La liste des plateformes agréées définitivement est disponible sur le site impots.gouv.fr. Le choix d'une plateforme relève d'une décision de gestion de la part du chef d'entreprise en fonction de ses besoins (volumes de factures émises/reçues, type de clientèle, budget à consacrer). Il peut également se rapprocher de ses interlocuteurs habituels (éditeur de logiciel, comptable, banquier...), voire des chambres consulaires, des organisations représentatives et des fédérations professionnelles pour se faire accompagner techniquement dans la réforme.

Les gains attendus ne sont pas uniquement financiers au sens strict mais se traduisent souvent par une réduction des temps administratifs hors production. Pour une TPE, ce temps administratif n'est pas toujours valorisé mais constitue néanmoins une réelle charge.

Enfin, la réforme poursuit des objectifs constants :

pour les entreprises : réduction des coûts de gestion et des délais de paiement, simplification des échanges, apaisement de la relation client-fournisseur, gains de temps et de productivité ; pour l'administration : meilleure compréhension des réalités économiques en vue d'ajuster plus finement les politiques publiques, amélioration des relations avec les entreprises, amélioration de la lutte contre la fraude à la TVA.

 

 

 

 

Source : senat.fr ↗

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