L'essentiel en 5 points
  • NosParlementaires recense 7 979 scrutins publics à l'Assemblée nationale entre octobre 2024 et juillet 2026 — dont plus de 3 000 pour la seule année 2026.
  • La députée la plus assidue, Marine Hamelet (RN), a pris part à 78,6 % de ces scrutins. Personne n'atteint les 80 %.
  • La médiane est à 24,3 % : un député sur deux a voté dans moins d'un scrutin public sur quatre.
  • Le taux mesure la participation aux scrutins publics uniquement — pas le travail en commission, ni les votes à main levée, ni les questions ou amendements.
  • Le bas du classement est trompeur : la plupart des « derniers » sont des élus arrivés en cours de législature, pénalisés mécaniquement par le mode de calcul.

« Quels sont les députés les plus assidus ? » est l'une des questions les plus posées sur l'activité parlementaire — et l'une de celles où les chiffres bruts trompent le plus facilement. Sur les 7 979 scrutins publics enregistrés depuis octobre 2024, aucun des 576 députés n'a voté dans plus de 79 % des cas, et la moitié d'entre eux dans moins d'un cas sur quatre. Avant de classer les bons et les mauvais élèves, il faut comprendre ce que mesure — et ce que ne mesure pas — le taux de participation.

7 979
Scrutins publics recensés
78,6 %
Meilleur taux de participation
24,3 %
Médiane des 576 députés

Ce que mesure (vraiment) ce classement

Le taux de participation rapporte le nombre de scrutins publics où un député a une position enregistrée — pour, contre, abstention ou « non-votant » — au nombre total de scrutins publics de la période. Sur la législature entière, cela fait 7 979 scrutins au dénominateur, pour tous les députés, quelle que soit leur date d'arrivée à l'Assemblée. C'est la même méthode que celle utilisée sur nos pages de classement, mises à jour chaque nuit.

Trois précisions importantes. D'abord, seuls les scrutins publics sont comptés : l'immense majorité des votes en séance se fait à main levée, sans trace nominative. Ensuite, un vote par délégation compte comme une participation — un député peut confier son vote à un collègue, dans la limite d'une délégation par personne. Enfin, le travail en commission, les questions écrites, les rapports et les amendements ne sont pas dans cette métrique : un député peut être très actif en commission et peu présent dans l'hémicycle au moment des scrutins publics.

Qui vote le plus ? Le top 10 de la législature

Le haut du classement est dominé par le Rassemblement National, qui place sept députés dans le top 10. Marine Hamelet (RN, Tarn-et-Garonne) arrive en tête avec une position enregistrée sur 6 269 des 7 979 scrutins, soit 78,6 %, juste devant Claire Marais-Beuil (RN, Oise, 77,6 %). Le premier député hors RN est le socialiste Jacques Oberti (Haute-Garonne), quatrième avec 67,4 %.

Top 10 — part des scrutins publics auxquels le député a pris part (législature entière)
Marine Hamelet
78,6 % · RN
Claire Marais-Beuil
77,6 % · RN
Emeric Salmon
71,5 % · RN
Jacques Oberti
67,4 % · SOC
Lisette Pollet
63,1 % · RN
Anthony Brosse
61,9 % · EPR
Christophe Bentz
61,2 % · RN
Charles Sitzenstuhl
60,8 % · EPR
Sébastien Humbert
60,1 % · RN
Edwige Diaz
59,9 % · RN

Ces taux donnent la mesure du rythme de l'Assemblée : même les députés les plus présents ne prennent part qu'à quatre scrutins publics sur cinq. Avec plus de 3 000 scrutins depuis le seul mois de janvier 2026, être dans l'hémicycle à chaque mise aux voix est matériellement impossible — les scrutins s'enchaînent sur des textes différents, parfois en parallèle des réunions de commission. Au total, seuls 23 députés dépassent les 50 % de participation sur la législature.

Aucun groupe du socle gouvernemental dans les cinq premiers

Rapporté aux groupes politiques, l'écart est net : les députés RN affichent en moyenne 33,8 % de participation, devant LFI-NFP (31,2 %), les Écologistes (28,3 %) et les Socialistes (27,2 %). Les trois groupes du socle gouvernemental — EPR (22,4 %), Les Démocrates (20,7 %) et Horizons (19,8 %) — sont tous sous la moyenne de l'Assemblée. Une partie de l'explication est institutionnelle : le scrutin public est souvent demandé par les groupes d'opposition eux-mêmes, précisément pour mettre chaque camp face à ses responsabilités sur des votes qu'ils ont choisis.

Taux de participation moyen par groupe (législature entière)
RN
33,8 %
LFI-NFP
31,2 %
ECOS
28,3 %
SOC
27,2 %
UDDPLR
23,1 %
EPR
22,4 %
DEM
20,7 %
HOR
19,8 %
DR
16,1 %
NI
13,7 %
GDR
12,9 %
LIOT
11,2 %

Le groupe LIOT ferme la marche avec 11,2 % de participation moyenne. Un chiffre à lire avec précaution : ce groupe compte une forte proportion de députés d'outre-mer, pour qui la présence physique à Paris à chaque scrutin représente une contrainte sans équivalent pour un élu métropolitain.

Pourquoi le bas du classement est un piège

C'est la partie du classement la plus consultée — et la plus piégeuse. Sur les dix derniers du classement, sept sont des députés arrivés à l'Assemblée en cours de législature : leur premier scrutin enregistré date d'avril, mai ou juin 2026. Le dernier du classement, Dominique Paillat (Horizons, Vendée), affiche 0,2 % de participation… mais son premier vote date du 16 juin 2026 : le calcul lui impute les quelque 7 900 scrutins tenus avant son arrivée. Son « assiduité » réelle ne pourra se juger que sur la durée.

À noter : le taux de participation est calculé sur l'ensemble des scrutins de la législature, y compris ceux tenus avant l'élection d'un député arrivé en cours de mandat. Pour comparer équitablement, utilisez les périodes « 30 jours » ou « 90 jours » des classements, qui remettent tout le monde sur la même ligne de départ.

Parmi les députés présents depuis le début de la législature, les taux les plus bas se situent autour de 2 % — c'est le cas par exemple d'Olivier Serva (LIOT, Guadeloupe, 169 participations) ou d'Aurélien Pradié (non-inscrit, Lot, 172 participations). Là encore, le chiffre brut ne dit pas tout : éloignement d'une circonscription ultramarine, problèmes de santé, autres responsabilités — la donnée enregistre les votes, pas leurs raisons. Elle constitue un point de départ pour interroger son élu, pas un verdict.

Comment consulter (et filtrer) les classements

📊
Les 576 députés classés par taux de participation, avec filtre par groupe politique et périodes 30 jours, 90 jours ou législature entière.
🏆
Une page qui croise votes, amendements, questions et rapports en un score d'activité global — plus complet que la seule assiduité. Son pendant : le député le moins actif.
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Les autres métriques
Le même classement existe pour les amendements déposés et adoptés, les propositions de loi signées ou la loyauté de vote envers son groupe.
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La fiche de votre député
Chaque fiche affiche le taux de participation de l'élu, ses votes scrutin par scrutin et un bouton pour le contacter directement.

Questions fréquentes

Quel est le député le plus assidu de la 17e législature ? Marine Hamelet (RN, Tarn-et-Garonne), avec une position enregistrée dans 78,6 % des 7 979 scrutins publics recensés depuis octobre 2024. Sur la législature entière, seuls 23 députés dépassent les 50 % de participation.

Un taux faible signifie-t-il qu'un député ne travaille pas ? Non. Le taux ne couvre que les scrutins publics dans l'hémicycle. Il ignore le travail en commission — où se joue l'essentiel de l'écriture des textes —, les votes à main levée, les questions au gouvernement et le travail en circonscription. Un taux très bas est un signal qui mérite d'être interrogé, pas une preuve d'inactivité.

Où trouver le taux de participation de mon député ? Sur sa fiche NosParlementaires, accessible par la recherche du site. Si vous ne connaissez pas le nom de votre député, notre guide « Comment savoir quel est le député de ma circonscription ? » vous y mène en deux minutes.

Les classements sont recalculés chaque nuit à partir des données ouvertes de l'Assemblée nationale. Pour suivre l'activité complète d'un élu — votes, amendements, questions, prises de parole —, rendez-vous sur sa fiche ou sur les classements de NosParlementaires.