- Député de la 6e circonscription du Var depuis juin 2022, réélu dès le premier tour le 30 juin 2024 avec 54 % des voix. Né le 1er mars 1973 à Évreux (Eure), 53 ans. Fonctionnaire de profession.
- Élu sénateur du Var le 27 septembre 2026, en tête de la liste d'union RN-UDR.
- Conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur depuis 2021.
- À la tête de la fédération du Rassemblement national dans le Var.
- Vice-président de la commission de la défense de l'Assemblée.
- Rapporteur pour avis du budget de l'armée de l'air pour les lois de finances 2025 et 2026.
Le Rassemblement national n'avait aucun sénateur sortant dans le Var. Il en a deux depuis le 27 septembre 2026. La liste « Au service des communes pour défendre le Var », conduite par Frank Giletti, a obtenu 691 voix, soit 30,2 % des suffrages exprimés des grands électeurs. Elle prend deux des quatre sièges du département, avec Carine Leroy. La liste des Républicains de la sortante Françoise Dumont arrive en tête avec 907 voix (39,6 %) et prend les deux autres. Le sénateur sortant Michel Bonnus, candidat sur une liste UDI, est battu avec 57 voix. Trois autres députés RN du Var figuraient plus bas sur la liste de Frank Giletti : Philippe Schreck, Frédéric Boccaletti et Laure Lavalette. Ils restent à l'Assemblée. Frank Giletti, lui, la quitte : son siège revient à sa suppléante, Muriel Fiol, comme pour les sept autres députés élus sénateurs. Il n'y a pas d'élection partielle. Que laisse-t-il au Palais-Bourbon ? Voici son bilan en données.
Le fait d'armes : le budget de l'armée de l'air
Frank Giletti n'a déposé aucune proposition de loi en premier signataire sous cette législature. Son terrain est la commission de la défense, dont il est devenu vice-président. Il y est chargé, deux années de suite, de l'avis budgétaire sur les crédits de l'armée de l'Air et de l'Espace, le programme « Préparation et emploi des forces : Air ». Dans son avis sur le budget 2026, déposé le 29 octobre 2025, il juge le format de la flotte de combat insuffisant : l'armée de l'air devrait disposer d'environ 230 avions de combat. Il avait déjà rendu l'avis sur le budget 2025.
Ses amendements suivent la même ligne : le Rafale, le spatial militaire, la gendarmerie, le service de santé des armées. 109 de ses 110 amendements portent sur trois textes : les budgets 2025 et 2026 et l'actualisation de la programmation militaire. Au printemps 2026, lors de cette actualisation, il défend une série d'amendements sur les satellites Syracuse, le programme européen Iris 2 et le démonstrateur Yoda, un satellite patrouilleur dont la mise en service a été retardée. Il plaide aussi pour les blessés de guerre, en demandant l'inversion de la charge de la preuve pour faire reconnaître leurs blessures. Deux de ses amendements de séance sont adoptés, dont un sur la reconnaissance des équipages de la dissuasion nucléaire. Le 19 mai 2026, il vote pour le texte, adopté en première lecture par 440 voix contre 122.
« Nous en revenons à la guerre spatiale. Celle-ci a commencé : l'espace est réellement militarisé, avec des satellites patrouilleurs, des brouilleurs en orbite, des armes à énergie dirigée […]. Il est urgent d'agir dans l'espace depuis l'espace avec des patrouilleurs. […] La France sera une véritable puissance spatiale quand elle sera en mesure de se défendre et de protéger ses actifs à 36 000 kilomètres de la Terre. »
Séance publique du 7 mai 2026, projet de loi actualisant la programmation militaire.
Des amendements adoptés, mais surtout en commission
Avec 19 amendements adoptés sur 110, Frank Giletti est, en nombre, celui des huit députés élus sénateurs le 27 septembre qui en a fait adopter le plus. Le chiffre demande une lecture attentive. Quatorze de ces adoptions ont eu lieu en commission de la défense, sur les budgets 2025 et 2026, et la plupart sont présentées dans leur exposé comme des « amendements d'appel » : ils servent à alerter sur un programme, comme le futur standard F5 du Rafale, les satellites d'écoute Céleste ou les effectifs de la gendarmerie. Or l'avis d'une commission saisie pour avis ne modifie pas le budget : il faut redéposer l'amendement en séance. Ses 27 amendements déposés en séance sur les budgets n'ont, eux, aucun sort enregistré : ils n'ont pas été mis aux voix. Sur le budget 2026 en nouvelle lecture, ses 12 amendements en commission n'ont pas été défendus : ils sont enregistrés comme « non soutenus ».
Hors défense, un seul amendement : sur la proposition de loi sur le traitement des cultures par drones, il fait supprimer en séance, le 2 décembre 2024, l'interdiction de ces drones à moins de 250 mètres des habitations, ajoutée en commission. Il met en avant les vignerons et les parcelles en pente.
Le Var dans ses questions
Ses 24 questions dessinent deux blocs. Le premier concerne les militaires et leurs familles : l'indemnité de garnison, le logement en métropole des familles de militaires ultramarins, la sécurité des bases militaires confiée au privé, le renouvellement des avions de patrouille maritime, l'arrêt de la centrifugeuse humaine du service de santé des armées. Le second porte sur la sécurité : la réserve de la police municipale, les conditions de travail des surveillants pénitentiaires, la fuite de données du système d'information sur les armes. Un dossier local revient deux fois : l'accès routier au plateau de Signes, zone d'activité proche du circuit Paul-Ricard, qu'il porte à l'oral le 13 janvier 2026 dans une question orale sans débat. Il a aussi interrogé le gouvernement sur la hausse des démissions de maires, un sujet qu'il retrouvera au Sénat.
« Ce dossier est essentiel pour le développement économique du territoire. Il concerne directement les entreprises, les communes, mais aussi les viticulteurs, dont l'activité et les exploitations pourraient subir de lourdes conséquences en fonction des choix d'aménagement. […] Je suis en effet convaincu qu'un tel projet ne pourra aboutir que dans la transparence, la concertation et le respect de tous les acteurs locaux. »
Séance publique du 13 janvier 2026, question orale sur l'accessibilité du plateau de Signes.
Discipline et présence
Sur les 2 075 scrutins où son vote peut être comparé à la position majoritaire du groupe RN, Frank Giletti a suivi son groupe 2 061 fois, soit 99,3 %. Il ne s'en est écarté que 14 fois, toujours sur des amendements ou des articles, jamais sur un vote d'ensemble.
Il a pris part à 2 075 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 24,6 %. C'est à peine au-dessus de la médiane des 607 députés de notre base (23,4 %) : il se classe 283e. Dans son propre groupe, il est en dessous : 91e sur 122, quand le député RN médian vote dans 32 % des scrutins. Un taux bas n'a rien d'anormal en soi, car la plupart des scrutins publics portent sur des amendements votés devant quelques dizaines de députés. Mais la fin de mandat décroche. En juillet 2026, pendant la session extraordinaire et la campagne sénatoriale, il a voté 25 fois sur 531 scrutins, soit 4,7 %. En mars 2026, mois des municipales, 25 fois sur 129. Le classement complet est dans nos classements. Dans nos données, il n'a reçu aucun blâme ni rappel à l'ordre.
« La défense est un pilier existentiel de la souveraineté et ne peut donc être que nationale, particulièrement en France, qui possède des capacités de dissuasion nucléaire. […] Monsieur Sitzenstuhl, l'économie de guerre, c'est comme l'Europe de la défense : ça n'existe pas. »
Séance publique du 5 mai 2026, projet de loi actualisant la programmation militaire.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez toute l'activité parlementaire de Frank Giletti sur sa fiche NosParlementaires, sa fiche de candidat aux sénatoriales, la page de sa circonscription, les résultats des sénatoriales dans le Var, et la comparaison avec les autres députés dans nos classements.