- Sénatrice de Saône-et-Loire depuis le 7 octobre 2025, entrée au Sénat à la place de Jérôme Durain, élu président de la région Bourgogne-Franche-Comté. Réélue le 27 septembre 2026 en tête de sa propre liste, 339 voix, 20,73 %, un siège sur trois, pour un mandat qui court jusqu'en 2032. Groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER), commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport.
- Née le 29 novembre 1955, elle a 70 ans : 301 des 348 sénateurs sont plus jeunes qu'elle. Assistante sociale de formation, elle a travaillé à l'aide sociale à l'enfance du Département, puis pour une association intervenant en entreprise, selon Creusot Infos.
- Maire de Marigny, 166 habitants dans la communauté urbaine Le Creusot-Montceau, de mars 2001 à octobre 2025 : quatre mandats, vingt-quatre ans. Elle comptait s'arrêter aux municipales de 2026.
- Numéro deux de la liste de Jérôme Durain aux sénatoriales de 2020 (499 voix, 30,39 %), elle n'imaginait pas siéger : « Je ne m'y attendais pas, mais je suis prête », disait-elle le jour de son entrée au Sénat.
- Fait d'armes : co-rapporteure, avec Nathalie Delattre et Else Joseph, du rapport sur le patrimoine monumental dans les territoires rendu public en juillet 2026 ; deux propositions de loi en premier signataire, sur l'assurance des collectivités et sur les fermetures de classes en zone rurale.
- En un an : 335 votes sur 337 scrutins, 733 amendements cosignés, aucun déposé en son nom, 25 questions au gouvernement. Elle n'a jamais voté autrement que la majorité de son groupe.
Le 7 octobre 2025, Paulette Matray entrait au Sénat parce que Jérôme Durain, élu un mois plus tôt à la tête de la région Bourgogne-Franche-Comté, devait rendre son siège. Un an plus tard jour pour jour, elle y siège de plein droit : le 27 septembre, les grands électeurs de Saône-et-Loire l'ont réélue en tête d'une liste de rassemblement de la gauche, avec son prédécesseur en deuxième position. Entre les deux dates, l'ancienne maire d'un village de 166 habitants a voté 335 fois, cosigné 733 amendements, posé 25 questions et signé un rapport sur les monuments historiques. Le tout sans un seul écart avec son groupe, et sans un seul amendement à son nom. Portrait en données d'une sénatrice qui se dit « rurale » avant tout.
Un siège hérité, puis gagné : 87 voix de marge
Le 5 septembre 2025, Jérôme Durain, sénateur socialiste depuis 2014, est élu président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, succédant à Marie-Guite Dufay. Le non-cumul lui impose de quitter le Sénat ; sa suivante de liste, Paulette Matray, lui succède le 7 octobre. « Jamais je n'aurais imaginé succéder à Jérôme Durain au Sénat », confiait-elle en juillet à L'infoRmateur de Bourgogne. « Je pensais qu'il faudrait un problème de santé pour que je sois amenée à le remplacer. » Le mandat ne devait durer qu'un an : la Saône-et-Loire faisait partie des départements renouvelés en septembre 2026.
Elle a choisi de se présenter, et de conduire la liste. Présentée le 7 septembre à Lux, « Pour une Saône-et-Loire solidaire et humaniste » réunissait derrière elle Jérôme Durain, puis trois élus locaux : Patricia Clément, maire de Fleurville, Fabrice Voillot, maire de Charbonnat et conseiller régional, Élise Myat, adjointe au maire de Ratte. Les communistes et les écologistes, qui avaient chacun leur liste en 2020, l'ont soutenue sans en présenter. Le 27 septembre, la liste obtient 339 voix, 20,73 % des 1 635 suffrages exprimés. Aucune des six listes n'atteint le quotient de 545 voix : les trois sièges vont aux trois plus fortes moyennes, Fabien Genet (503), Marie Mercier (437) et Paulette Matray (339), devant la seconde moyenne de la liste Genet, 251,5. Les trois sortants sont réélus ; le Rassemblement national, avec 153 voix, et La France insoumise, 45, n'ont pas de siège.
Têtes de liste et nuances du ministère de l'Intérieur. Quotient électoral 545 : aucune liste ne l'atteint, les trois sièges vont aux trois plus fortes moyennes, 503, 437 et 339. La deuxième moyenne de la liste Genet, 251,5, reste à 87 voix de celle de Paulette Matray. Calcul NosParlementaires.
Le résultat a un revers. En 2020, la liste Durain, sur laquelle elle figurait en deuxième position, avait recueilli 499 voix, 30,39 %, dans un collège de taille comparable. Six ans plus tard, avec le renfort affiché des communistes et des écologistes, la gauche en perd 160 et près de dix points : le siège est conservé, mais sur une base plus étroite, dans un collège de grands électeurs renouvelé par les municipales de mars 2026. Les deux listes de droite totalisent 940 voix, 57,5 % des exprimés.
« Sénatrice rurale » : les déserts médicaux, l'école, la dotation des communes
Sa première question d'actualité au gouvernement, le 20 novembre 2025, donne le ton. Elle y cite l'Insee sur la surmortalité en Bourgogne-Franche-Comté, la densité de généralistes de son département, et sa propre situation.
« En Saône-et-Loire, la pénurie médicale s'aggrave. En dix ans, la densité des généralistes est passée de 8 à 6 pour 10 000 habitants et des spécialités disparaissent. Comme plus d'un habitant sur deux, je n'ai moi-même pas de médecin traitant. »
Question d'actualité au gouvernement du 20 novembre 2025 sur les déserts médicaux, sa première au Sénat. Elle y rappelle avoir « vécu chaque jour pendant plus de vingt ans, la solitude et l'épuisement de nos petites communes » comme « ancienne maire rurale ».
Le reste de ses questions écrites suit la même ligne : la suspension des versements de la dotation d'équipement des territoires ruraux en fin d'année, qui laisse les petites communes avancer la trésorerie de chantiers déjà subventionnés (11 décembre 2025) ; la fragilisation du Planning familial de Saône-et-Loire, réduit à un centre et deux salariées (5 février 2026) ; les féminicides en milieu rural, après ceux de Chauffailles et de Pierre-de-Bresse (14 mai 2026) ; et, le même jour, l'absence de décret d'application sur la retraite des élus locaux, cinq mois après la promulgation de la loi créant un statut de l'élu local, qu'elle avait votée le 22 octobre 2025 avec l'ensemble du Sénat, 344 voix contre 0. Le 9 juillet 2026, elle dépose six questions écrites en une journée sur le handicap lourd : franchises médicales, aidants familiaux, scolarisation des enfants nécessitant des gestes techniques.
Même taxonomie et mêmes parts que sur sa fiche. Un amendement portant sur plusieurs thèmes compte pour une fraction dans chacun. Le poids du budget tient aux 421 amendements du projet de loi de finances pour 2026 cosignés avec son groupe.
Le thème qui pèse le plus dans ses amendements cosignés, le budget, est aussi celui où elle a voté contre : contre le projet de loi de finances de fin de gestion 2025 le 25 novembre, contre le budget de la Sécurité sociale pour 2026 le lendemain (196 voix contre 119), avec son groupe. Son dossier de prédilection ne se lit pas dans ces parts : les collectivités et la ruralité ne représentent que 1,2 % de son activité mesurée, parce qu'elle y intervient par la question écrite et la proposition de loi plutôt que par l'amendement.
Deux propositions de loi, jamais inscrites à l'ordre du jour
Le 30 janvier 2026, elle dépose avec Patrick Kanner et les sénateurs socialistes une proposition de loi sur la mutualisation publique des risques majeurs des collectivités territoriales : un groupement d'intérêt public, à adhésion volontaire, pour couvrir les sinistres majeurs que les assureurs refusent de plus en plus de garantir aux communes. Le 31 mars, une seconde, qu'elle présente comme sa priorité : aucune fermeture de classe dans une école du premier degré située en zone France ruralités revitalisation sans l'accord préalable du conseil municipal. Le texte, renvoyé à sa commission de la culture, n'a pas été inscrit à l'ordre du jour au 8 octobre, pas plus que le premier. Un texte voisin, déposé au Sénat en 2022, n'avait jamais été examiné non plus.
« Il faut bien mesurer que pour une commune, le maintien d'une classe et d'une école c'est primordial. […] Dans les zones rurales, l'école est souvent le dernier service public. »
Présentation de sa liste à Lux, le 7 septembre 2026, rapportée par Creusot Infos. La proposition de loi n° 487 du 31 mars 2026 vise les communes classées France ruralités revitalisation.
Son seul texte abouti est un rapport. Avec Nathalie Delattre et Else Joseph, au nom de la commission de la culture, elle signe en juillet 2026 « Faire du patrimoine monumental un levier de développement dans les territoires » : 45 446 monuments historiques, dont 58 % en zone rurale et 43 % propriété de communes, 18 % nécessitant de gros travaux et 5 % en péril, alors que les crédits d'engagement de la loi de finances pour 2026 baissent d'un tiers. Les rapporteures proposent une protection du patrimoine « de valeur constitutionnelle », un ministère de plein exercice du patrimoine et du tourisme, un guichet unique pour les subventions des petites communes et des aides conditionnées à l'usage réel des édifices. Des recommandations, pas une loi.
Discipline et présence : zéro écart avec son groupe
Sur les 337 scrutins publics ouverts à son vote depuis le 15 octobre 2025, Paulette Matray a pris part à 335, soit 99,4 % : au-dessus de la médiane du Sénat, 99,1 %, au 102e rang sur 282 sénateurs ayant voté sur la période. Ses deux absences sont le vote des crédits de la mission Outre-mer du budget 2026, le 4 décembre 2025, et la question préalable sur le même budget en nouvelle lecture, le 29 janvier 2026. Elle a voté pour 202 fois, contre 108 fois, et s'est abstenue 25 fois. Sur ces 335 votes, elle a pris la position majoritaire de son groupe 335 fois. La médiane des sénateurs socialistes est de 99,4 % ; 50 de ses 52 collègues du groupe mesurés sont en dessous d'elle. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Cette discipline s'est vue sur la fin de vie. Elle a cosigné 65 amendements sur la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir et voté avec la gauche pour rétablir le texte de l'Assemblée. Le 28 janvier 2026, le Sénat ayant supprimé l'article qui créait le droit, elle a voté contre un texte « vidé de sa substance », selon les mots de Public Sénat, rejeté par 181 voix contre 122 ; le même jour, elle a voté pour la loi sur les soins palliatifs, adoptée par 307 voix contre 17.
Son agenda officiel compte 74 jours de présence et 400 heures de séances, de réunions de commission et d'auditions sur le mandat. Elle est aussi membre de la mission d'information sur la diplomatie climatique française, selon sa fiche au Sénat. Et le jeudi 1er octobre 2026, quatre jours après sa réélection, sa première question de la nouvelle session portait sur la composition des bureaux de vote des sénatoriales : elle demande au ministre de l'Intérieur de pouvoir recruter les assesseurs au-delà du seul vivier des grands électeurs de chaque section, difficulté constatée, écrit-elle, « lors du renouvellement de septembre 2026 ».
Le lendemain, 2 octobre, elle écrivait au préfet de Saône-et-Loire. Des centaines de lycéens de Chalon-sur-Saône manifestaient depuis plusieurs jours pour des professeurs remplacés et des classes moins chargées ; un jeune qui tenait le mégaphone a été interpellé, des élèves gazés devant le lycée Jeannette-Guyot sans sommation, selon les témoignages qu'elle a recueillis le matin même. Elle demande au préfet les conditions d'usage des gaz lacrymogènes, les sommations faites, et le nombre, les motifs et les suites des interpellations, dont celles de mineurs.
« Leurs revendications sont légitimes et leur mobilisation a été très majoritairement pacifique. […] Je ne peux pas accepter que des adolescents qui exercent un droit fondamental soient traités de cette manière. »
Communiqué adressé au préfet de Saône-et-Loire, 2 octobre 2026, rapporté par info-chalon.com et L'infoRmateur de Bourgogne. Elle propose une concertation sous l'autorité du préfet si la mobilisation se poursuit.
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