- Député Les Démocrates (DEM) de la 4e circonscription d'Eure-et-Loir (Châteaudun – Bonneval) depuis juin 2007. Né le 3 février 1958 à Valence (Drôme) — 68 ans.
- Docteur en pharmacie, biologiste — directeur de laboratoires d'analyses médicales à Bonneval, Brou et Châteaudun depuis plus de trente-cinq ans. Ancien interne des Hôpitaux de Paris.
- Maire de Cloye-sur-le-Loir (2001-2017), conseiller régional Centre-Val de Loire (1995-2014, puis depuis 2021), adjoint au maire de Châteaudun (1995). Vice-président du Mouvement Démocrate depuis 2022.
- Ministre délégué chargé des Outre-mer du 20 juillet 2023 au 11 janvier 2024 — écarté lors de la formation du gouvernement Attal au profit de Marie Guévenoux.
- Désigné rapporteur général de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir le 27 mai 2026, en remplacement d'Olivier Falorni élu maire de La Rochelle.
- Membre de la commission des affaires sociales depuis 2024 ; aucune sanction disciplinaire dans notre base.
Ce lundi 22 juin 2026, les travées de l'Assemblée nationale résonnaient d'un débat que la France attend depuis des décennies : la légalisation de l'aide à mourir. En tête du pupitre, non plus Olivier Falorni — l'initiateur historique du texte, parti à La Rochelle défendre sa mairie —, mais Philippe Vigier, biologiste de 68 ans reconverti en législateur, qui a repris le flambeau du rapporteur général le 27 mai. Le vote solennel est fixé au 30 juin. L'adoption définitive, au 15 juillet. Ce portrait, en données, dresse le profil d'un homme discret dans les votes, volcanique en tribune, et qui arrive à la réforme sociétale la plus audacieuse de la législature sans avoir jamais signé une seule proposition de loi de sa propre main.
L'homme qui doit faire franchir l'aide à mourir
Philippe Vigier est arrivé sur la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir par la grande porte. Falorni, qui en était l'auteur et le rapporteur général depuis 2024, avait remporté la mairie de La Rochelle en mars 2026 — et la commission des affaires sociales cherchait un successeur solide pour mener le texte à son terme. Vigier s'est imposé : professionnel de santé, vice-président d'un groupe centriste soutenant le gouvernement, rompu au PLFSS depuis des années. Sa désignation s'est faite le 27 mai, à six semaines du vote solennel.
En commission, les échanges ont été âpres : les opposants au texte l'ont accusé de vouloir ouvrir la porte à des dérives ; Vigier leur a répondu au mot à mot, article par article, brandissant les exemples belge et suisse. Sa méthode : ne jamais lâcher les chiffres, ne jamais céder sur le principe. En séance publique de deuxième lecture, en février 2026, il avait déjà montré la même ténacité, défendant pied à pied les protections inscrites dans le texte contre une obstruction organisée.
« Qui ici peut oser se mettre à la place de celui qui vit ce drame depuis des années et se trouve dans un état d'épuisement complet ? L'article permet un encadrement rigoureux de l'aide à mourir. Cher collègue Hetzel qui réclamez de la rigueur, ne le supprimez pas ! »
Philippe Vigier, séance du 19 février 2026 — deuxième lecture de la PPL aide à mourir, en réponse aux amendements de suppression du groupe LR.
De la pharmacie au palais Bourbon
Avant d'être un tribun, Vigier est un homme de laboratoire. Docteur en pharmacie, ancien interne des Hôpitaux de Paris, il dirige depuis plus de trente-cinq ans des laboratoires d'analyses médicales en Eure-et-Loir. Cette double identité — praticien de terrain et élu de la République — marque son style législatif : il cite des protocoles, des pourcentages de recours aux génériques, les taux d'hospitalisation pédiatrique. Sur le PLFSS 2026, il est intervenu sur la vaccination obligatoire, fustigeant les députés RN qui votaient contre son extension aux étudiants infirmiers.
Ses questions au gouvernement révèlent un profil atypique : cinq d'entre elles concernent les véhicules anciens et de collection — délais d'immatriculation, contrôle technique, allègements réglementaires. Une niche locale (la 4e circonscription d'Eure-et-Loir compte des clubs de voitures anciennes actifs), symptomatique d'un élu de terrain qui reste ancré dans les préoccupations concrètes de ses électeurs, même en plein débat sur la fin de vie. Ses autres questions touchent la sécurité sociale, les professions de santé, la voirie et l'outre-mer — ce dernier thème, héritage de six mois passés rue Oudinot.
« Venez visiter un service de réanimation pédiatrique. De nombreux enfants y sont malheureusement accueillis chaque jour… Cela vous gêne-t-il que je le dise ? Si les enfants étaient vaccinés contre le virus syncytial respiratoire, le VSR, il y aurait trois fois moins d'hospitalisations ! »
Philippe Vigier, séance du 5 décembre 2025 — examen du PLFSS 2026, amendement sur la vaccination contre le virus syncytial respiratoire (VSR).
Discipline de groupe, présence en berne
Sur les 1 545 scrutins où il a exprimé un vote, Philippe Vigier s'est aligné 95,1 % du temps sur la position majoritaire du groupe DEM — une loyauté élevée, cohérente avec son rôle de vice-président du Mouvement Démocrate. Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
L'ombre au tableau : sa présence aux scrutins publics. Avec 20,7 % de participation sur l'ensemble de la législature — contre une médiane de 24,2 % pour l'ensemble des 602 députés —, Vigier se situe sous la médiane (364 de ses collègues font mieux). En 2026, le contraste s'est creusé : son taux sur les trois derniers mois tombe à 2,2 %, avant de bondir à 47,8 % cette semaine, portés par les débats intenses sur l'aide à mourir. C'est son mode opératoire : s'investir massivement sur les textes qui lui tiennent à cœur, délaisser les autres. Six mois passés rue Oudinot en tant que ministre (juillet 2023 - janvier 2024) expliquent aussi une partie des absences : les membres du gouvernement ne votent pas.
« Moi qui ai exercé ma clause de conscience, je vous le dis : vous ne pouvez pas tenir de tels propos, en prenant ainsi à témoin les Français, dans une recherche de l'apaisement. Vous avez le droit de ne pas savoir ce qui est prévu par le texte, mais il est inacceptable que vous avanciez un argument fallacieux. »
Philippe Vigier, séance du 23 février 2026 — deuxième lecture de la PPL aide à mourir, en réponse aux opposants invoquant le non-respect de la clause de conscience des soignants.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Philippe Vigier sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.