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Création d’un centre hospitalier universitaire en Corse

Proposition de loi modifiée

Proposée par Paul-André Colombani (LIOT)

L'essentiel

La proposition de loi vise à doter la Corse d'un centre hospitalier universitaire, seule région française, départements d'outre-mer compris, à ne disposer ni d'un centre hospitalier régional ni d'un centre hospitalier régional universitaire. Ses auteurs partent du constat d'une démographie médicale dégradée, d'une faible capacité hospitalière, notamment en lits de réanimation, et de déplacements fréquents de patients vers le continent pour se faire soigner, dans un territoire marqué par un fort taux de pauvreté, le vieillissement de la population et une importante fréquentation touristique saisonnière. La création d'un tel établissement, réclamée de longue date par les acteurs de santé insulaires et par l'Assemblée de Corse, est présentée comme une réponse à une rupture d'égalité dans l'accès aux soins et comme un levier de développement scientifique et universitaire de l'île.

En première lecture, l'Assemblée nationale a adopté l'ensemble de la proposition de loi le 2 décembre 2024, par 142 voix pour, 1 contre et 1 abstention. Le texte, modifié au cours de son examen, poursuit son parcours législatif.

Qui a voté pour ou contre « Création d’un centre hospitalier universitaire en Corse » ?

L'Assemblée nationale a adopté le texte le 2 décembre 2024 par 142 voix pour, 1 contre et 1 abstention.

Ont majoritairement voté pour : RN, LFI-NFP, SOC, DR, EPR, NI, ECOS, HOR, LIOT, UDDPLR, GDR, DEM, NI.

Le détail du scrutin et les positions individuelles ↗

Les rapports parlementaires sur ce texte

Le parcours de la loi

Les votes décisifs de la navette parlementaire. Chaque point est un parlementaire — survolez-le pour voir son vote et le contacter.

  1. Assemblée nationale première lecture
    l'ensemble de la proposition de loi visant à la création d'un centre hospitalier universitaire en Corse (première lecture).
    Adopté 142 pour · 1 abs · 1 contre · 2 non-votants
    Chargement du détail des votes…

    Diagramme établi sur la composition actuelle de l'assemblée — les totaux officiels incluent les parlementaires remplacés depuis.

  2. Sénat
    sur l'ensemble de la proposition de loi visant à la création d’un centre hospitalier universitaire en Corse
    Adopté 339 pour · 3 abs · 0 contre · 6 non-votants
    Chargement du détail des votes…

    Diagramme établi sur la composition actuelle de l'assemblée — les totaux officiels incluent les parlementaires remplacés depuis.

Au banc du débat

Les parlementaires les plus actifs sur ce texte, en séance et en amendements.

Répartition des amendements

Par groupe Par statut
DISCUTE 5

Amendements (5)

Art. ART. PREMIER 25/11/2024 DISCUTE

Exposé des motifs

Amendement de coordination juridique.

Dispositif

Avant l’alinéa 1, insérer l’alinéa suivant :

« Au premier alinéa du IV de l’article L. 6132‑3 du code de la santé publique, le mot : « second » est remplacé par le mot : « deuxième ». »

 

Art. ART. 2 20/11/2024 DISCUTE

Exposé des motifs

Cet amendement vise à intégrer l’universitarisation progressive du Centre Hospitalier, dans la transition vers le Centre Hospitalier Universitaire. 

Dans des Centres Hospitaliers comme celui du Havre, on compte des chefs de cliniques assistants des universités (CCA) et de professeurs des universités - praticiens hospitaliers (PU-PH). Il est donc nécessaire d’intégrer, pour l’application de la présente loi, les affectations progressives de personnel.

L’auteur de cet amendement souhaite que les effectifs hospitalo-universitaires concernés par cette affectation progressive ne soient pas pris sur les effectifs des Centres Hospitaliers Universitaires existants.

Dispositif

À la seconde phrase de l’alinéa 2, après le mot : 

« régional »,

insérer les mots :

« , de l’affectation progressive de chefs de cliniques assistants des universités et de professeurs des universités - praticiens hospitaliers  à celui-ci, ».

Art. APRÈS ART. 2 20/11/2024 DISCUTE

Exposé des motifs

Par cet amendement, le groupe LFI-NFP souhaite s’assurer que l’ouverture d’un CHU en Corse - principe que nous soutenons - s’accompagne des moyens humains et financiers adéquats afin que cette obligation soit réellement effective. Cette question se pose d’autant plus qu’au niveau national, on assiste à une véritable saignée des moyens de l’hôpital public.

Selon une étude de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES) d’octobre 2024, près de 4 900 lits d’hospitalisation complète ont été fermés en 2023 en France. En 2023, le recul du nombre de lits en état d’accueillir des patients s’est donc poursuivi (-1,3 %, après -1,8 % en 2022 et -1,4 % en 2021) et est resté plus rapide qu’avant la crise sanitaire (-0,9 % par an en moyenne entre 2013 et 2019). Le repli du nombre de lits confirme selon la Drees « une tendance observée depuis plusieurs années », reflétant d’une part la volonté des pouvoirs publics de « réorganiser » les soins vers plus « d’ambulatoire », et d’autre part des pénuries de personnel, qui ne « permettent pas de maintenir » tous les lits ouverts. Au total, depuis fin 2013, les établissements de santé ont ainsi perdu 43 500 lits d’hospitalisation complète, soit une diminution de l’offre de 10,5 % en dix ans. S’ajoutent à cette situation déjà dégradée d’autres difficultés : manque de personnels médicaux (médecins hospitaliers) et non-médicaux (infirmières et infirmiers…) par manque d’attractivité du statut et de la rémunération…

Cette situation n’est pas prête de s’améliorer. D’après la Fédération Hospitalière de France (8/10/24), si l’évolution en 2025 de l’ONDAM global de 2,8 % (déjà insuffisant) et du sous-objectif de l’ONDAM Établissements de santé de 3,1 % est confirmée, en réalité, une fois neutralisée l’enveloppe de compensation de l’augmentation des cotisations versées à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), l’évolution nette est de seulement 2 %. Et après prise en compte des impacts de l’inflation et des effets prix auxquels les établissements de santé vont devoir faire face en 2025, l’évolution nette n’est plus que de 0,2 % (soit seulement +200M€). Ce qui est loin d’être suffisant pour répondre aux besoins de l’ensemble des hôpitaux du territoire.

Dans ce contexte national dégradé, la question des moyens humains et financiers alloués à l’ouverture d’un nouveau CHU en Corse se pose ainsi légitimement, et ce rapport doit permettre de s’assurer que l’État tienne réellement ses obligations.

Dispositif

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport présentant de façon exhaustive l’ensemble des moyens humains et financiers alloués aux différents centres hospitaliers universitaires de France et notamment au nouveau centre hospitalier universitaire de Corse. Ce rapport présente, le cas échéant, les manques constatés ainsi que des propositions afin d’y remédier.

Art. APRÈS ART. 2 20/11/2024 DISCUTE

Exposé des motifs

Au 1er janvier 2023, la France comptait 6 542 personnels enseignants et hospitaliers titulaires ou stagiaires, toute positions statutaires confondues, dont 4 549 PU-PH (69,5 %) et 1 993 MCU-PH (30,5 %).

Dans un contexte où la gestion de ces ressources humaines est parfois tendue, cet amendement vise à alerter le Gouvernement sur la nécessité d’adapter les efforts de formation du personnel universitaire aux nouveaux besoins liés à la création d’un CHU en Corse. 

Dispositif

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la possibilité d’affecter des effectifs hospitaliers universitaires au centre hospitalier universitaire de Corse mentionné à l’article 2 de la présente loi, sans les retirer des centres hospitaliers universitaires existants. 

Art. ART. 2 20/11/2024 DISCUTE

Exposé des motifs

Cet amendement vise à intégrer l’universitarisation progressive du Centre Hospitalier dans la transition vers le Centre Hospitalier Universitaire.

Dans des Centres Hospitaliers comme celui du Havre, on compte des chefs de cliniques assistants des universités (CCA) et de professeurs des universités - praticiens hospitaliers (PU-PH). Il est donc nécessaire d’intégrer, pour l’application de la présente loi, les affectations progressives de personnel.

L’auteur de cet amendement souhaite que les effectifs hospitalo-universitaires concernés par cette affectation progressive ne soient pas pris sur les effectifs des Centres Hospitaliers Universitaires existants.

Dispositif

À la seconde phrase de l’alinéa 2, après le mot :

« régional »,

insérer les mots :

« , d’une universitarisation progressive de celui-ci, ».

 

Scrutins (1)

l'ensemble de la proposition de loi visant à la création d'un centre hospitalier universitaire en Corse (première lecture).
02/12/2024
POUR 142 CONTRE 1 ABST. 1
Le vote par groupe
RN POUR
LFI-NFP POUR
SOC POUR
DR POUR
EPR POUR
NI POUR
ECOS POUR
HOR POUR
LIOT POUR
UDDPLR POUR
GDR POUR
DEM POUR
NI POUR