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Question écrite ✓ Répondue le 29/09/2026 voirie

Achèvement de la rocade de Gap et établissement des responsabilités

Posée le 11/08/2026 · Ministère interrogé : Ministère des transports

Marie-José Allemand Marie-José AllemandSOC Députée — Hautes-Alpes (1)

La question

Mme Marie-José Allemand interroge M. le ministre des transports sur la situation du chantier de la rocade de Gap, sur les nombreuses incertitudes qui entourent désormais son achèvement ainsi que sur la nécessité d'établir les responsabilités dans les échecs successifs rencontrés par ce projet. Attendue depuis plusieurs décennies, cette infrastructure doit permettre de détourner une partie du trafic de transit du centre-ville, d'améliorer la sécurité et la fluidité des déplacements et de réduire les nuisances supportées quotidiennement par les habitants de l'agglomération gapençaise. Son aboutissement constitue donc un enjeu majeur pour la qualité de vie des Gapençais comme pour l'attractivité et le développement de l'ensemble du bassin de vie. Alors que la mise en service de la section centrale était attendue depuis plusieurs années, un phénomène de glissement de terrain a conduit à la suspension du chantier à compter du 9 septembre 2025. Cette interruption, intervenue à un stade avancé des travaux, suscite une incompréhension légitime parmi les habitants, qui ont déjà connu de nombreux reports et attendent désormais une information précise sur les conditions et le calendrier de reprise du chantier. La situation produit par ailleurs des conséquences qui dépassent le seul projet routier. Le glissement de terrain a fortement affecté une canalisation principale du canal de Gap et entraîné des perturbations dans l'alimentation en eau de plusieurs secteurs de l'agglomération. Malgré les interventions engagées par l'association syndicale autorisée du canal de Gap et une remise en eau progressive, le réseau n'a pas encore retrouvé un fonctionnement pleinement normal. Cette situation appelle donc une réponse globale de l'État. Elle concerne à la fois la sécurité du site, l'alimentation en eau, la mobilité quotidienne des habitants, le devenir d'un équipement public attendu depuis plusieurs décennies et l'utilisation de sommes considérables d'argent public. Le coût de la section centrale, initialement évalué à environ 36 millions d'euros, avait déjà été porté à 62,5 millions d'euros avant même la prise en compte complète des conséquences du nouveau glissement de terrain. Les Gapençais sont en droit de connaître les causes précises des difficultés rencontrées, les éventuelles insuffisances des études préalables, de la conception, du suivi ou de la conduite du chantier, ainsi que les responsabilités susceptibles d'être engagées. La recherche des responsabilités ne saurait toutefois se limiter au seul évènement ayant provoqué l'interruption des travaux en septembre 2025. Elle doit également porter sur l'ensemble des difficultés qui ont marqué ce projet au fil des années : retards répétés, réévaluations successives du coût, choix techniques contestés ou insuffisamment anticipés, défauts éventuels de coordination entre les différents intervenants et absence de visibilité durable sur le calendrier d'achèvement. Il apparaît ainsi nécessaire qu'un bilan complet et transparent soit établi sur la conduite du projet depuis son origine. Celui-ci devra permettre de déterminer si les études réalisées étaient suffisantes au regard des caractéristiques géologiques du site, si les alertes techniques ont été correctement prises en compte, si la maîtrise d'ouvrage et la maîtrise d'œuvre ont exercé leurs missions dans des conditions satisfaisantes et si les procédures de contrôle, de suivi et d'exécution des marchés ont permis de prévenir les risques aujourd'hui constatés. L'établissement de ces responsabilités ne doit cependant pas retarder davantage les opérations nécessaires à la sécurisation du terrain et à l'achèvement de l'ouvrage. Il doit permettre, parallèlement, d'éviter que le coût des erreurs ou défaillances éventuellement constatées repose intégralement sur l'État, les collectivités territoriales et, en définitive, sur les contribuables. Elle lui demande donc de préciser les conclusions des expertises géologiques, géotechniques et techniques réalisées depuis l'interruption du chantier, ainsi que les solutions désormais envisagées pour stabiliser durablement le secteur concerné. Elle lui demande également de communiquer un calendrier prévisionnel clair portant sur la reprise des travaux, l'achèvement de la section centrale et sa mise en service effective. Compte tenu des reports successifs, ce calendrier devra être régulièrement actualisé et porté à la connaissance des habitants en toute transparence. Elle souhaite par ailleurs connaître les mesures prises par l'État pour garantir la sécurisation et le fonctionnement pérenne du canal de Gap, ainsi que les dispositions prévues pour éviter de nouvelles interruptions de l'alimentation en eau des particuliers, des exploitations agricoles et des autres usagers du réseau. Elle l'interroge sur le montant prévisionnel actualisé du chantier, sur les surcoûts directement liés au glissement de terrain et sur les procédures que l'État entend engager afin d'établir les responsabilités des différents intervenants et, le cas échéant, d'obtenir la prise en charge d'une partie de ces dépenses par les acteurs dont la responsabilité serait reconnue. Elle lui demande plus largement si le Gouvernement entend diligenter ou rendre publique une analyse complète de la conduite de ce chantier depuis son lancement, afin d'identifier les causes et les responsabilités des échecs successifs qui l'ont affecté, qu'elles relèvent des études préalables, des choix techniques, de la gouvernance du projet, de la coordination des intervenants ou de l'exécution des travaux. Enfin, elle lui demande de confirmer l'engagement de l'État en faveur de l'achèvement de la section centrale et de préciser la manière dont celui-ci entend accompagner la réalisation des sections nord et sud, afin que les Gapençais disposent enfin d'une rocade complète, cohérente et réellement susceptible de réduire le trafic de transit dans le centre-ville.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 29/09/2026
La ville de Gap constitue un nœud important du réseau routier national entre la Provence et le Dauphiné. Le projet d'aménagement de la rocade de Gap a pour objectif de dévier le trafic de transit qui emprunte actuellement les boulevards ceinturant l'hypercentre de Gap et ainsi de sécuriser la traversée du centre-ville, fluidifier la circulation et réduire les nuisances. Le projet est composé de trois sections : Nord, Centre et Sud. L'État assure la maîtrise d'ouvrage de la section centrale, la maîtrise d'ouvrage des sections Nord et Sud a été transférée à la ville de Gap à sa demande. Les services de l'État accompagnent autant que de besoin la ville sur ces deux projets. A l'automne 2025, alors que les travaux de la section centrale de la rocade s'achevaient, le chantier a été interrompu à la suite d'un glissement de terrain. Dès les premiers signes, les services de l'État se sont rapidement mobilisés pour assurer la sécurisation de la zone, le suivi du glissement et réaliser les diagnostics nécessaires. Un premier projet géotechnique de confortement a été réalisé en mai 2026. Ses paramètres sont actuellement précisés avec l'assistance du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema). En coordination avec ce travail, la reprise des études du projet de rocade par le maître d'œuvre est également en cours afin de tenir compte des conséquences du glissement, en termes de conception, notamment de l'assainissement, et de conditions de réalisation. Dans ce cadre, les travaux géotechniques et routiers devraient pouvoir reprendre en 2027 afin de stabiliser le versant, réaliser les confortements géotechniques et les remblais et, enfin, achever les travaux de la section centrale de la rocade. Les études détaillées en cours permettront de préciser les travaux à réaliser, leur coût, leur délai et l'horizon de mise en service. Des financements ont été mis en place dès cette année pour mener ces études dans les meilleurs délais et pouvoir être en mesure d'engager en suivant une première phase de travaux. S'agissant du canal de Gap, l'association syndicale autorisée (ASA) du canal de Gap a pu mettre en place une solution provisoire de maillage du réseau de canalisations en juillet 2026. Une expertise a par ailleurs été sollicitée par l'ASA concernant la fuite et les désordres subis par la canalisation. Un expert désigné par le tribunal administratif de Marseille s'est rendu à plusieurs reprises sur le site du glissement de terrain depuis janvier 2026 afin de réaliser des investigations par passages de caméra et relevés topographiques pour connaître les dégradations et l'état de la canalisation.En parallèle, au-delà du canal de Gap, le tribunal administratif de Marseille a été saisi par l'État, représenté par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Provence Alpes Côte d'Azur, maître d'ouvrage de la section centrale de la rocade, pour une expertise sur l'ensemble du linéaire concerné par le glissement du terrain. L'expert désigné par l'ordonnance du 20 août 2026 est le même que pour l'expertise des désordres de la canalisation de l'ASA, assurant ainsi une vision complète. Les conclusions de l'expert et la procédure judiciaire permettront d'établir les éventuelles responsabilités des différentes parties prenantes et, le cas échéant, de répartir les surcoûts. Les services de l'État connaissent l'importance pour le territoire du projet de rocade de Gap, pour lequel ils sont fortement engagés. Un montant total de 39 M€ est inscrit au volet mobilités 2023 2027 du contrat de plan État-Région Provence Alpes Côte d'Azur pour l'ensemble de la rocade de Gap.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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