Climat social
Patrick KannerSER
Sénateur — Nord
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/04/2018Sachez que je goûte pleinement le prix et la valeur de votre propos, vous qui vous avez eu à connaître l'exercice des responsabilités et avez participé, pendant quelques années – et encore récemment –, à la direction des affaires du pays ; vous qui avez connu des périodes dont je crois pouvoir dire qu'elles n'étaient pas toujours caractérisées par le calme social et durant lesquelles la question des méthodes employées a pu être soulevée (M. Jean-François Longeot applaudit.) ; vous qui avez constaté, en 2017, combien les Français avaient envie non plus de tergiversations, mais au contraire de décisions et d'une forme de rupture, j'ose le mot, par rapport à une ère, à mon avis trop longue, durant laquelle les décisions n'avaient pas été prises.
Vous me dites que nous voudrions esbaudir les Français par un tourbillon de réformes… Je ne le crois pas. Nous essayons, sujet après sujet, de réparer un pays qui a des atouts considérables et des richesses merveilleuses, mais qui connaît aussi des problèmes dont nul ici ne peut nier l'importance et l'intensité, ni l'ancienneté.
Lorsque nous essayons, comme aujourd'hui, d'apporter une réponse face à la dégradation du service public ferroviaire, nous tentons de réparer une situation qui n'est pas apparue en neuf mois.
Lorsque nous essayons, comme aujourd'hui sous l'autorité de Mme Vidal, de réparer l'accès à l'université française (M. François Grosdidier s'exclame.) et de substituer à la sélection par l'échec et le tirage au sort une orientation intelligente et éclairée des lycéens, nous tentons de réparer une situation qui, loin d'être nouvelle, est ancienne.
M. François Patriat. Très bien !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Lorsque nous réformons le droit du travail, comme avec les ordonnances prises au mois d'octobre dernier, nous le faisons parce que, depuis trop longtemps, nous considérions que le droit du travail n'offrait pas les souplesses permettant aux petites et moyennes entreprises de recruter sans risque.
Lorsque nous proposons une réforme de l'apprentissage, comme nous allons le faire bientôt, c'est pour le développer, car c'est un atout exceptionnel pour ceux qui en bénéficient et pour l'économie française dans son ensemble.
Dans toutes ces réformes et dans bien d'autres, monsieur le président Kanner, notre objectif n'est pas de casser tel ou tel privilège ou de dresser les Français les uns contre les autres ; nous entendons mettre en œuvre la lettre et l'esprit du programme présidentiel, la lettre et l'esprit des propositions faites par Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle : transformer le pays, regarder les problèmes en face, dire là où nous n'avons pas suffisamment avancé et essayer de trouver les solutions.
Voilà ce que nous voulons faire. Il est vrai que ce n'est pas toujours facile et je reconnais qu'il est nécessaire d'expliquer encore et toujours les choses, mais rien, monsieur le président Kanner, absolument rien ne nous fera dévier de cet objectif simple et des engagements qui ont été pris devant les Français. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains et du groupe Union Centriste.)
Source : senat.fr ↗
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