Dimension écologique de la future proposition de résolution de la France sur la PAC
Guillaume GontardGEST
Sénateur — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/04/2018Je forme le vœu que ce levier fantastique qu'est le budget de la politique agricole commune permette une mutation en profondeur de notre modèle agricole et, pour le dire de manière schématique, de passer d'une agriculture intensive en pesticides et à faible taux d'emplois…
M. Jean Bizet. Caricature !
M. Nicolas Hulot, ministre d'État. … à une agriculture intensive en emplois et à faible taux de pesticides. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche. – MM. Joseph Castelli et Joël Labbé applaudissent également.)
Oui, la politique agricole commune est une des plus anciennes politiques européennes ! Elle est nécessaire. Mais, vous l'avez dit, elle doit être adaptée aux enjeux et au contexte du XXIe siècle. En ce moment même, Stéphane Travert est en train d'œuvrer dans cette perspective à l'Assemblée nationale.
Le premier axe – je pense que nous pouvons tous nous rejoindre sur ce point – est de retrouver et de construire une souveraineté alimentaire en France, notamment avec un plan de production de protéines végétales digne de ce nom. Il ne faut plus dépendre d'importations qui s'effectuent souvent, vous le savez bien, au détriment de la forêt amazonienne.
Je pense que la prochaine PAC doit nous permettre de nous émanciper de ces importations massives de protéines. Nous ne sommes évidemment pas fermés – bien au contraire ! – au commerce international. Mais nous ne pouvons pas sacrifier nos exigences sociales et environnementales. La PAC doit donc contribuer à reconstruire cette fameuse indépendance alimentaire.
Le deuxième axe de modernisation est la transformation de l'agriculture vers des modèles centrés, comme le demandent les consommateurs, sur la qualité, la réduction des pesticides et la protection de l'environnement. Ces services doivent être rémunérés ; ils doivent diversifier économiquement les revenus des agriculteurs.
Par conséquent, la PAC ne peut plus être centrée uniquement sur les rendements. La course au « toujours plus » détruit en effet les fondements même de l'agriculture, c'est-à-dire les sols et leur biodiversité, ainsi que l'eau. Les aides doivent être dorénavant centrées sur ce nouveau modèle, à la fois protecteur pour la planète et les consommateurs et plus rémunérateur pour les agriculteurs. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche et sur des travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. – Mme Évelyne Perrot applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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