Expérimentation du revenu de base et pauvreté
N Nadine Grelet-CertenaisSER Sénatrice — SartheLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 22/06/2018Il s'agit d'abord de lutter contre le non-recours – je rappelle que cela représente 30 % pour le RSA – et de porter une attention particulière à la pauvreté des jeunes.
Cependant, ces expérimentations ne posent pas les bonnes questions. Leur objectif notamment nous interroge : voulons-nous attribuer à chaque personne en situation de pauvreté une allocation monétaire pour solde de tout compte ?
Le projet du Gouvernement est totalement différent : il est global pour mieux prendre en compte la situation réelle des personnes. Nous voulons travailler sur la question des freins périphériques au retour vers l'emploi et renforcer le rôle incitatif des prestations.
Aujourd'hui, nous le savons, nos aides sociales sont inéquitables, différentes selon le statut et selon l'âge, illisibles – c'est un maquis, aucun d'entre nous, aujourd'hui, ne sait les citer –, insuffisamment tournées vers l'accompagnement.
Notre souci, c'est de prévenir la pauvreté à toutes les étapes de la vie, de l'enseignement primaire – c'est ce que fait Jean-Michel Blanquer avec le dédoublement des classes de CP, le plan Mercredi, le plan Devoirs faits – jusqu'à l'insertion sur le marché du travail, à laquelle Muriel Pénicaud travaille avec la réforme de la formation professionnelle. La première arme de lutte contre la pauvreté, c'est l'accès à un diplôme, à une qualification.
Nous voulons mettre un terme au déterminisme social, aux situations qui enferment les personnes dans l'inactivité ou la sous-activité. Nous ne voulons plus nous contenter d'une politique d'insertion qui ne permet qu'à 10 % des allocataires du RSA de retrouver une activité chaque année.
Notre projet, c'est bien l'efficacité et l'investissement humain, dans lequel nous misons toutes les forces de la Nation. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche. – MM. Emmanuel Capus et Dominique Théophile applaudissent également.)
M. le président. La parole est à Mme Nadine Grelet-Certenais, pour la réplique.
Mme Nadine Grelet-Certenais. Madame la ministre, sans les transferts sociaux et fiscaux, notre pays compterait 5 millions de pauvres supplémentaires. La redistribution est au cœur de notre fraternité et fait la force de notre modèle social.
Après un an d'exercice du pouvoir, le résultat de votre politique s'avère foncièrement injuste.
Vous parlez d'émancipation sociale, mais, en catimini, vous baissez une nouvelle fois les APL pour les plus pauvres. Vous vantez les modèles allemand et britannique alors que leur taux de pauvreté est bien supérieur au nôtre.
Le revenu de base est un bon outil pour lutter contre l'exclusion sociale, saisissez-le ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain et sur quelques travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Source : senat.fr ↗
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