Assurance chômage et paritarisme
Frédérique PuissatLes Républicains
Sénatrice — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 13/03/2019Mme Sophie Primas. Lequel ?
M. Benjamin Griveaux, secrétaire d'État. Vous l'avez rappelé, nous avons demandé aux partenaires sociaux d'ouvrir des négociations sur l'assurance chômage, qui n'ont malheureusement pas abouti. Nous le regrettons d'autant plus que le Gouvernement avait donné un délai supplémentaire aux partenaires sociaux, à leur demande.
Les questions que nous avions alors posées restent entières. Il appartient désormais au Gouvernement de reprendre la main sur le dossier de l'assurance chômage. Nous le faisons en poursuivant deux objectifs : lutter contre la précarité et inciter au retour à l'emploi. L'enjeu est d'ailleurs double : d'abord, inciter les entreprises à proposer des contrats de travail plus longs et privilégier les embauches en CDI pour « déprécariser » ; ensuite, toujours s'assurer que la reprise d'emploi est plus intéressante que le fait de rester au chômage.
Muriel Pénicaud a engagé de très larges consultations avec les partenaires sociaux, les associations de chômeurs, les mouvements d'employeurs, les parlementaires, les organisations de salariés, y compris celles qui ne sont pas représentatives. À l'issue de ces consultations, au printemps prochain, plusieurs mesures seront présentées. Elles feront l'objet d'un décret publié durant l'été.
Vous le voyez, madame la sénatrice, il n'y a nulle volonté de remettre en question le paritarisme dans l'action engagée par le Gouvernement, mais le souhait réel d'assumer pleinement ses responsabilités lorsqu'un enjeu aussi crucial que l'emploi, la lutte contre le chômage, en particulier le chômage de longue durée, est en cause. C'est à cette question que nous allons nous atteler, et je suis sûr que nous pouvons nous en réjouir collectivement. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Frédérique Puissat, pour la réplique.
Mme Frédérique Puissat. Que l'on puisse s'en réjouir, monsieur le secrétaire d'État, c'est une certitude, mais, dans un gouvernement, il y a ce que l'on veut bien nous laisser croire et il y a ce que l'on voit et ce que l'on vit !
Ce que l'on veut bien nous laisser croire matin, midi et soir, c'est à un gouvernement qui écouterait les Français, à un gouvernement qui écouterait les partenaires sociaux, à un gouvernement qui écouterait les élus, le Parlement, mais ce que nous vivons est bien différent !
En fixant un tel cadre aux partenaires sociaux, c'était immanquablement la chronique d'une mort annoncée de la nouvelle négociation de l'assurance chômage…
M. Antoine Lefèvre. Eh oui !
Mme Frédérique Puissat. … et, je le crains, la chronique d'une mort annoncée de cinquante ans de paritarisme dans notre pays. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe Union Centriste, du groupe socialiste et républicain et du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Source : senat.fr ↗
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