Référendum d'initiative partagée pour Aéroports de Paris
Patrick KannerSER
Sénateur — Nord
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/06/2019Le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, qui vient de répondre à une question du sénateur Laurent portant sur le même sujet, a reçu les présidents de groupe et les représentants des parlementaires ayant signé cette proposition de loi. Il leur a donné à cette occasion un certain nombre d'éléments de réponse, dont vous connaissez parfaitement la teneur. Des réponses écrites aux questions écrites que vous avez formulées vous seront transmises très prochainement.
Je vous indique, monsieur le président Kanner – mais peut-être le savez-vous déjà –, que le président du Conseil constitutionnel communiquera sur le sujet au début du mois de juillet. Comme vous le savez, en la matière, le Conseil constitutionnel est l'autorité de contrôle et il détermine l'ensemble des décisions que nous sommes susceptibles de prendre. Vous comprendrez que, par respect pour le Conseil constitutionnel, je ne réponde pas à des questions qu'il voudrait évoquer et qu'il lui incombe le plus souvent de trancher. Vous me demandez donc de répondre à des questions auxquelles il ne m'appartient pas toujours d'apporter des réponses.
Comme l'a indiqué le ministre de l'intérieur, l'article 11 de la Constitution prévoit une procédure, qui a d'ailleurs été précisée par des textes d'application. Nous entendons la respecter scrupuleusement et faire en sorte que le recueil des signatures s'opère loyalement, légalement, car il s'agit d'un droit constitutionnel. Le Gouvernement, non plus que personne d'autre d'ailleurs, ne saurait barguigner avec ce droit ou tromper nos concitoyens.
Nous allons donc mettre en œuvre de façon scrupuleuse, honnête, ouverte, conforme aux indications du Conseil constitutionnel, la procédure de collecte des signatures, par voie numérique, grâce à des plateformes, mais aussi physique : les signatures pourront être recueillies sur papier dans toutes les mairies qui souhaiteront organiser une telle collecte, et pas simplement, comme le prévoyait, me semble-t-il, le texte initial, dans les mairies des communes les plus peuplées. Nous allons ouvrir cette possibilité, que vous n'avez pas mentionnée mais qui ne vous a probablement pas échappé.
Je suis très serein quant à la capacité de nos concitoyens de s'exprimer clairement. Nous pouvons, semaine après semaine, estimer – n'étant pas technicien, je ne saurais vous préciser comment – le nombre de nos concitoyens s'étant prononcés. Il appartiendra au Conseil constitutionnel de dire s'il veut une méthode de calcul en continu ou progressive. Pour notre part, nous appliquerons scrupuleusement les orientations qu'il donnera, sur ce sujet comme sur tous les autres ! (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche et sur quelques travées du groupe Union Centriste. –M. Jérôme Bignon applaudit également.)
Mme la présidente. La parole est à M. Patrick Kanner, pour la réplique.
M. Patrick Kanner. Monsieur le Premier ministre, il me semblait que le temps du minitel était révolu…
On a su consacrer 12 millions d'euros d'argent public au grand débat…
M. Michel Savin. Eh oui !
M. Patrick Kanner. … et à son excellent site informatique, qui donnait les résultats tous les jours au fil de l'eau. Il y a ici un axe républicain, un arc républicain, pour demander de la transparence, tout simplement, conformément à l'esprit, monsieur le Premier ministre, de l'article 3 de la Constitution, dont je me permets de rappeler les termes : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. » (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain et du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Source : senat.fr ↗
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