Malaise dans l'Éducation nationale
Olivier PaccaudLes Républicains
Sénateur — Oise
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/10/2019D'après les éléments dont je dispose, on ne constate pas d'augmentation du nombre de suicides dans l'éducation nationale. (Protestations sur les travées du groupe CRCE.) Il ne faut donc pas, à mon sens, faire de généralités à partir des faits que vous avez évoqués. (Nouvelles protestations sur des travées des groupes CRCE et SOCR.)
De toute façon, un comité technique se réunira au ministère de l'éducation nationale, afin d'établir la réalité des chiffres sur cette question. Il faut donc à la fois soutenir les directeurs d'école et s'abstenir de généraliser comme vous l'avez fait dans votre question.
Je rappellerai que cette assemblée a voté à l'unanimité l'abaissement à trois ans de l'âge de l'instruction obligatoire. C'est une réforme importante de l'école primaire. On ne peut en aucun cas affirmer qu'une telle réforme fait peser une pression intolérable sur le système éducatif.
M. Bruno Retailleau. C'est une réforme pour rien !
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. Il est donc inutile, selon moi, d'amalgamer des problèmes sans rapport les uns avec les autres. (Nouvelles protestations sur les mêmes travées.)
M. Pierre-Yves Collombat. Il ne répond pas !
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. Concernant la direction d'école, j'ai déjà eu l'occasion de déclarer que ce problème devait recevoir une solution. Nous en avons débattu dans cet hémicycle. Un rapport a été remis par vos collègues Max Brisson et Françoise Laborde ; il sera une référence importante pour l'avenir.
J'ai donc pu déclarer tant aux organisations syndicales qu'à la représentation nationale que nous allions travailler sur cette question au cours des prochaines semaines. J'espère pouvoir faire émerger un consensus sur ce sujet, qui n'a pas été consensuel par le passé, de manière à faire évoluer le statut et les fonctions des directeurs d'école, mais aussi l'aide à laquelle ils ont droit.
J'observe que, en plusieurs décennies d'existence, ce problème n'a pas reçu de solution. Nous allons, pour notre part, travailler à en apporter une. Nous devons le faire avec humilité et humanité, en conservant le sens de l'intérêt général, car toute la société française doit être derrière son école. C'est pourquoi nous devons faire montre de solidarité non seulement avec les proches de Christine Renon, mais aussi de manière plus générale, afin de répondre à ces problèmes. Nous le ferons ; le processus est déjà engagé ! (Applaudissements sur des travées du groupe LaREM. – Protestations sur les travées du groupe CRCE.)
M. Pierre-Yves Collombat. Du baratin !
M. le président. La parole est à M. Olivier Paccaud, pour la réplique. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. Olivier Paccaud. Ne nions pas la souffrance qui s'exprime dans le monde enseignant ! Ce que demandent directeurs et enseignants, monsieur le ministre, c'est d'être mieux protégés et soutenus lorsque leur autorité est contestée par certains parents et élèves. C'est aussi d'être mieux payés : moins de 2 000 euros par mois après cinq ans d'études supérieures et vingt ans de carrière, pour un professeur des écoles, telle est la réalité ! C'est aussi, tout simplement, de pouvoir transmettre leur savoir aux élèves au lieu de devoir transmettre des statistiques et des rapports à leur hiérarchie, qui les harcèle sans plus les comprendre ! (Mme Marie-Noëlle Lienemann applaudit.)
Ce mal-être de notre école n'est pas anecdotique. Si nos enseignants ne sont plus les hussards noirs conquérants du temps de Jules Ferry, ils demeurent les piliers de la République. Lorsqu'ils vacillent, c'est la France qui est en danger ! (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains et UC, ainsi que sur des travées des groupes RDSE, SOCR et CRCE.)
Source : senat.fr ↗
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