Situation du loup en France
P Patricia Morhet-RichaudLes Républicains Sénatrice — Hautes-AlpesLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 24/10/2019Je ne plaisante pas ! Je ne veux pas polémiquer sur ce sujet, pour une bonne et simple raison : quand un éleveur voit 150 brebis dérochées, quand un éleveur voit ses brebis égorgées, quand un éleveur passe la nuit, stressé, à surveiller son troupeau sans dormir, il ne peut pas exercer son propre métier !
C'est la raison pour laquelle le Gouvernement a appliqué cette année un plan Loup d'une ampleur inédite jusqu'ici : nous avons doublé le nombre de prélèvements et avons consacré des moyens comme jamais pour faire en sorte que le pastoralisme se perpétue.
Vous connaissez la position du Gouvernement : entre l'éleveur et le prédateur, nous choisirons toujours l'éleveur ! (Exclamations, tandis que l'on imite le hurlement du loup sur certaines travées.)
Voilà pourquoi le nombre de prélèvements au titre du plan Loup a été doublé cette année. Le nouveau plan, coordonné par le préfet Mailhos, a prévu un certain nombre de possibilités de tirs de prélèvement ou d'effarouchement. Nous en sommes pratiquement à 100 tirs de prélèvement et, si ce centième loup devait être prélevé, le préfet a prévenu que le plafond serait augmenté.
Parallèlement, comme nous avons pleinement conscience de la dimension européenne de ce sujet, la France a pour la première fois – ce n'était jamais arrivé – déposé le dossier sur la table de l'Union européenne, à l'échelon du conseil des ministres. Nous avons clairement dit : « Oui à la biodiversité, mais oui aussi à l'équilibre agropastoral. »
Un texte est donc en cours d'élaboration, par plusieurs pays, pour faire évoluer le guide interprétatif sur les espèces en voie de disparition. Le Gouvernement a annoncé qu'il y avait plus de 500 loups en France : ce n'est plus une espèce en voie de disparition dans notre pays ! (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à Mme Patricia Morhet-Richaud, pour la réplique.
Mme Patricia Morhet-Richaud. Monsieur le ministre, ce n'est pas suffisant ! Il est temps que le Gouvernement prenne ses responsabilités et assume ses choix. Il est temps que les paroles soient en adéquation avec les actes. Il est temps que le Gouvernement explique aux consommateurs qu'il n'est pas favorable à l'élevage extensif, préférant abandonner la montagne au loup et à l'ours. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes UC et Les Indépendants.)
Source : senat.fr ↗
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