Réforme des retraites
Patrick KannerSER
Sénateur — Nord
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/12/2019Monsieur le président, il peut arriver que ma lecture des faits diffère de la vôtre. En tout cas, elle ne me conduit pas à penser que, au moment où vous avez quitté les affaires, tout allait mieux !
J'ai plutôt le sentiment – peut-être n'est-ce qu'une impression – que les Français ont exprimé leur accord avec ma lecture des faits. Or, comme je suis comme vous un démocrate, j'écoute ce que disent les Français, avec beaucoup d'attention.
Mme Sophie Taillé-Polian. Vous êtes le Premier ministre des riches !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Permettez-moi, monsieur le président, de ne pas vous répondre sur l'ensemble des points que vous avez évoqués : cela m'est matériellement impossible à ce stade. Je veux simplement dire un mot sur les retraites.
Selon vous, monsieur le président, nous aurions tort d'annoncer aux Français la mise en place en 2027 d'un âge d'équilibre du système à 64 ans ; ce serait une offense faite à la situation des Françaises et des Français qui doivent pouvoir prendre leur retraite dans de bonnes conditions.
Pourtant, vous avez vous-même approuvé – je n'en ai pas la certitude, mais je l'imagine, et les comptes rendus des débats de l'époque doivent en témoigner – une réforme qui a eu pour impact sur le régime général d'allonger très nettement la durée de cotisation. Cette réforme entrera en application au 1er janvier 2020. Or les projections indiquent – écoutez-moi bien, monsieur le président ! –que l'âge moyen de départ à la retraite dans le régime général – ce régime concerne tout de même 80 % des Français –, qui est aujourd'hui de 63 ans et demi, passera à 64 ans dans les cinq prochaines années, et ce du fait de cette réforme, que vous approuviez en 2014.
M. Jean-François Husson. Et voilà !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Autrement dit, monsieur le président, vous reprochez aujourd'hui à mon gouvernement de dire les choses de façon explicite et de créer un système dans lequel nous assumons les choses, alors même que vous avez mis en place un système qui, pour le régime général, et non pour les autres, conduit à une augmentation continue des durées de cotisation, jusqu'à arriver à un âge moyen de départ à la retraite équivalent.
Voyez-vous, monsieur le président, notre échange me paraît intéressant : il est bon que les Français l'entendent ! (Applaudissements sur les travées des groupes LaREM, Les Indépendants et UC, ainsi que sur des travées des groupes RDSE et Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Patrick Kanner, pour la réplique.
M. Patrick Kanner. Monsieur le Premier ministre, vous avez fait référence à la réforme de Marisol Touraine. Je vous concède volontiers qu'elle n'avait pas mis la France dans la rue !
En revanche, votre système fera que, dans toutes les hypothèses, les Français devront travailler plus s'ils ne veulent pas gagner moins !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Pas du tout !
M. Patrick Kanner. Ce n'était pas le cas dans la réforme de Mme Touraine. Dans ce cadre, vous voulez encore une fois avoir raison, seul contre tout le monde ! C'est cela que les Français vous reprochent ; ils vous le diront très prochainement ! (Applaudissements sur les travées du groupe SOCR.)
M. François Patriat. C'est nul !
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Patrick Kanner
Avenir des entreprises d'insertion par le travail indépendant
Avenir et indépendance de l'Agence de programmes de recherche en santé
Reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour les communes de l'Aisne touchées par les orages du 28 juin 2026
Avenir des centres techniques régionaux de la consommation et des structures régionales assimilées