Situation du groupe Renault
É Éric BocquetCRCE-K Sénateur — NordLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 04/06/2020Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances. Monsieur le sénateur Bocquet, je sais votre attachement à Renault : vous êtes un élu du Nord, et ce département compte deux sites extrêmement importants, Maubeuge et Douai. Le premier, qui produit notamment la Kangoo, est aujourd'hui l'un des sites français les plus productifs.
Bruno Le Maire a réuni hier l'ensemble des organisations syndicales et des élus pour faire prendre des engagements à Renault. Je vous rappelle que le prêt garanti par l'État n'était pas encore signé hier. Ce sont ces engagements-là que nous prenons en donnant cette garantie.
Jean-Dominique Senard a été très clair.
Premièrement, Renault est en grande difficulté, je crois que nous pouvons tous nous accorder sur ce point. L'entreprise aborde la crise en difficulté. Nous avions appris au moment de l'annonce des résultats pour 2019 qu'elle perdait beaucoup d'argent ; elle continue à en perdre dans le cadre de la crise du Covid-19.
Deuxièmement, Renault lance un plan mondial de réduction des coûts. Ce plan concerne certes la France, mais aussi d'autres pays. La question est non pas de délocaliser des productions, mais de faire face à une diminution du nombre d'achats de voitures. Renault peut produire 5 millions de voitures ; malheureusement, elle n'en vendra peut-être que 3 millions, 3,2 millions ou 3,4 millions cette année. On voit bien là l'écart de production par rapport aux capacités industrielles.
Troisièmement, Jean-Dominique Senard s'y est engagé, les suppressions d'emplois en France ne s'accompagneront pas de licenciements secs. C'est son engagement, et nous le suivrons de très près, car c'est notre travail. S'agissant du site de Maubeuge, il a pris là encore des engagements fermes visant à donner en 2023 un avenir à ce site et à continuer d'y maintenir des activités.
Dernier point, Renault s'est engagé à relocaliser des productions en France, notamment en ce qui concerne la traction électrique, et à investir dans la batterie électrique, ce projet européen qui est si important pour notre industrie automobile. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.
M. Éric Bocquet. Madame la secrétaire d'État, les sites de production des modèles Twingo, Clio et Dacia sont implantés en Turquie, en Roumanie et en Slovénie. Ces usines tournent sept jours sur sept et sont surchargées.
Il faut décider de relocaliser la production de 300 000 de ces véhicules, afin d'apporter de la commande aux sites de production de notre pays. Il convient dans le même temps de réorienter la production vers des modèles hybrides, électriques et thermiques à prix modique, afin d'accélérer la transition énergétique. Cela pose aussi en creux la question du pouvoir d'achat.
Personne ne comprendrait que l'argent public ne serve qu'à accompagner les suppressions d'emplois. Notre industrie automobile mérite un autre développement, un autre avenir et un engagement fort et déterminé de l'État actionnaire ! (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE, ainsi que sur des travées du groupe SOCR.)
Source : senat.fr ↗
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