Situation politique en Afghanistan
J Jacques Le NayUC Sénateur — MorbihanLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/04/2021M. Clément Beaune, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé des affaires européennes. Monsieur le sénateur Jacques Le Nay, vous avez tout à fait raison, la situation en Afghanistan est extrêmement préoccupante. La décision de retrait des troupes américaines n'est pas remise en cause, mais sa date reste incertaine, alors même qu'approche l'échéance du 1er mai.
Notre priorité reste, aux côtés des Américains, de parvenir à un cessez-le-feu et à l'instauration d'une paix durable. Comme vous, nous avons réitéré notre engagement aux côtés de l'Afghanistan lors de la cérémonie, à laquelle j'ai assisté au nom du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, donnée samedi matin en hommage au commandant Massoud en présence de son fils et du docteur Abdullah Abdullah.
Lors de la réunion ministérielle de l'OTAN qui s'est tenue la semaine dernière, Jean-Yves Le Drian, qui représentait notre pays, a rappelé qu'un retrait des troupes alliées devait être conditionné aux progrès de la stabilisation de la situation politique et sécuritaire, et très étroitement coordonné entre alliés.
Le ministre de l'Europe et des affaires étrangères a également échangé avec la partie afghane pour essayer de débloquer les négociations interafghanes qui ont très peu progressé depuis leur lancement à Doha en septembre 2020. À l'occasion de ces entretiens avec son homologue M. Atmar et avec M. Abdullah Abdullah, qui préside le Haut Conseil pour la réconciliation nationale, le ministre a rappelé le soutien de la France au processus de paix et a insisté pour que les discussions soient élargies et inclusives. Il a souligné qu'il était dans l'intérêt des parties afghanes, notamment des républicains afghans, que l'Union européenne participe à ces discussions compte tenu de l'importance que nous attachons à la préservation des acquis démocratiques et aux droits de l'homme.
Par ailleurs, notre pays participe aux processus de dialogues régionaux. Nous avons tenu le même discours, hier, lors de la conférence ministérielle.
Nous avons également plaidé à cette occasion pour que les Européens qui – je le rappelle – sont les principaux donateurs et dont la somme des acteurs sur place fournit la majorité des personnels de l'OTAN, soient associés aux discussions interafghanes. Nous portons donc déjà et nous continuerons à porter la revendication au sujet de laquelle vous m'avez interpellé.
Permettez-moi enfin de souligner que notre compatriote Jean Arnault, qui a été nommé mi-mars envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour l'Afghanistan et les questions régionales, contribuera aussi à cet effort d'élargissement de la participation européenne.
M. le président. La parole est à M. Jacques Le Nay, pour la réplique.
M. Jacques Le Nay. Un retour des talibans sans élection serait une catastrophe pour la démocratie, les droits fondamentaux et les droits des femmes. La population risque d'être soumise à une charia très dure, comme entre 1996 et 2001. Fawzia Koofi, membre de l'équipe de négociation, a qualifié son pays de « pire pays du monde où naître pour une fille », une déclaration qui en dit long. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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