Diplomatie française face au régime taliban
J Jacques Le NayUC Sénateur — MorbihanLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/09/2021M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur Jacques Le Nay, nous n'avons aucun dialogue politique avec les talibans ; nous entretenons avec eux uniquement des contacts opérationnels pragmatiques, aux fins de faciliter les opérations d'évacuation de nos ressortissants, mais aussi des Afghanes et des Afghans qui ont aidé l'armée française ou nos propres services par le passé, ou qui sont menacés du fait de leur engagement, de leur métier, de leur histoire ou de leur combat pour le respect des libertés.
Je le répète, nous n'avons pas de dialogue politique. Nous entretenons des discussions techniques, par l'intermédiaire bénévolente des autorités du Qatar. Nous avons pu, grâce à cela, exfiltrer 2 800 personnes, dont 2 600 Afghans, en dix jours. Je veux rendre hommage à nos équipes qui ont accompli un travail remarquable, avec sang-froid et courage.
Nous menons des discussions pour vérifier si, lorsque l'aéroport international de Kaboul, le KAIA, rouvrira, nous pourrons encore procéder à d'autres exfiltrations.
Il reste là-bas quelques ressortissants, des ayants droit et des Afghans qui se sont signalés dans leur combat – vous-mêmes, mesdames, messieurs les sénateurs, les avez signalés. Soyez assurés que nous suivons tous les cas précisément.
Vous faites état des déclarations des talibans, monsieur le sénateur. Pour notre part, nous attendons des actes. Lorsque je dis « nous », je me réfère non pas uniquement à la France, mais à tous les Européens. En outre, la semaine dernière, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni à la demande de la France ; il a, par une résolution unanime, en dépit de l'abstention de la Chine et de la Russie, acté quelques principes.
Tels sont les principes essentiels, définis par le Conseil de sécurité des Nations unies, que nous entendons voir respectés par les talibans : rupture avec le terrorisme, respect des droits humains et des droits des femmes, libre circulation et libre accès de l'aide humanitaire. Pour l'instant, le compte n'y est pas.
Mme Laurence Cohen. C'est le moins que l'on puisse dire !
M. Jean-Yves Le Drian, ministre. Au-delà de cela, la composition de ce que les talibans appellent le « gouvernement intérimaire » ne nous rend pas très optimistes.
Avant d'aller plus loin, nous sommes avant tout soucieux des actes des talibans ; c'est le principe de base qui anime la communauté internationale.
Source : senat.fr ↗
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