Exclusion du nucléaire du plan de relance européen
G Gérard LonguetLes Républicains Sénateur — MeuseLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 23/09/2021Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance, chargée de l'industrie. Monsieur le sénateur Gérard Longuet, merci de dire avec beaucoup de clarté que le nucléaire est une énergie décarbonée, stable et non aléatoire, et que c'est en France une filière d'excellence, avec 220 000 professionnels. Aussi, dans ce moment d'urgence climatique, nous aurions tort de ne pas nous appuyer dessus. (M. Guy Benarroche le conteste.) C'est clairement la stratégie que nous suivons. Vous l'avez d'ailleurs mentionné, Bruno Le Maire a été particulièrement clair, tout comme le Président de la République ou le Premier ministre, pas plus tard que lundi. Je crois que je porte ainsi une parole commune à tout l'exécutif.
S'agissant plus précisément de votre question, je crois qu'il faut effectivement bien distinguer l'émission des green bonds, ou obligations vertes, dont la définition englobe uniquement les énergies renouvelables, avec de très petites extensions sur des usages du gaz, l'objet étant de financer techniquement le plan de relance – c'est une définition ancienne, qui n'a pas connu de nouveautés –, du vrai combat que nous menons sur la taxonomie.
Comme vous le savez, et ma collègue Amélie de Montchalin aime à le rappeler, lors du Green Deal, nous avions imposé le nucléaire comme un élément de réponse au défi climatique. Cela avait été une négociation portée fortement par le Président de la République. Nous allons continuer avec la taxonomie. Sur ce sujet, nous avons le soutien du commissaire Breton, qui a une vision industrielle pour l'Europe, fondée sur des faits et non sur de la démagogie ou des rêves. (M. Guy Benarroche proteste.)
C'est en ce sens aussi que nous investissons dès maintenant, dans le cadre du plan de relance, au bénéfice de la filière nucléaire, avec une enveloppe spécifique de 500 millions d'euros.
C'est aussi le combat que nous mènerons à la faveur de la présidence française de l'Union européenne. Vous le savez, j'aurai l'honneur de présider le conseil Compétitivité. Au-delà de la taxonomie, dont nous espérons voir l'aboutissement avant notre présidence, des textes porteront sur le Green Deal. Là encore, priorité sera donnée à la neutralité technologique, à une vision industrielle, qui englobe tous les effets pour l'emploi et pour la décarbonation, ainsi qu'à une accélération de cette dernière, parce que c'est l'urgence du moment pour sauver notre industrie, nos emplois et notre climat. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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