Frais de déplacements pour les infirmiers libéraux
C Christian BilhacRDSE Sénateur — HéraultLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/01/2022M. Christian Bilhac. La mise en place en janvier 2020 de l'avenant n° 6 à la convention nationale des infirmiers libéraux avait pour objectif de garantir l'accès aux soins de tous les patients, la modernisation de l'activité libérale et la simplification des actes infirmiers, notamment en milieu rural.
Dans les territoires ruraux, les citoyens ont pu mesurer le rôle joué par les infirmiers libéraux en cette période de crise sanitaire, non seulement dans le domaine de la santé, mais aussi pour la préservation du lien social.
Pourtant, ce texte ne tient pas compte de la réalité de la pratique quotidienne de cette profession.
Ainsi, le plafonnement journalier des indemnités kilométriques porte préjudice à la profession : l'abattement est de 50 % à partir de 300 kilomètres et de 100 % au-delà de 400 kilomètres.
De plus, les indemnités kilométriques d'un infirmier s'élèvent à 0,35 euro par kilomètre en plaine et à 0,50 euro par kilomètre en montagne. Face à la hausse du prix du carburant, ces montants sont très insuffisants.
En comparaison, les médecins perçoivent 0,61 euro par kilomètre en plaine et 0,91 euro par kilomètre en montagne. Or une voiture consomme autant, qu'elle soit celle d'un infirmier ou d'un médecin. Une telle différence, qui va du simple au double, est injustifiée.
Cette inégalité de traitement dans la facturation des frais kilométriques, ajoutée à la faiblesse des montants indemnitaires pour les infirmiers, décourage les plus jeunes de s'installer en milieu rural, ce qui accroît les déserts médicaux.
C'est pourquoi je demande au Gouvernement de prendre des mesures urgentes pour revaloriser les prestations des infirmiers libéraux, en particulier leur régime d'indemnités kilométriques. Cela traduirait la reconnaissance de leur profession.
Mme le président. La parole est à M. le secrétaire d'État chargé de l'enfance et des familles.
M. Adrien Taquet, secrétaire d'État auprès du ministre des solidarités et de la santé, chargé de l'enfance et des familles. Monsieur le sénateur Bilhac, vous attirez l'attention du Gouvernement sur la nécessité de revoir les dispositions de l'avenant n° 6 à la convention nationale des infirmiers libéraux relatives à la prise en charge des indemnités kilométriques, considérant que celles-ci, notamment le dispositif de plafonnement journalier du montant facturé des indemnités kilométriques, pourraient être défavorables, en particulier dans les zones rurales, en cette période de crise sanitaire.
Un abattement au tarif du remboursement de ces indemnités est en effet déterminé au regard de la distance journalière facturée par l'infirmier.
Cette nouvelle disposition a pour objectif de limiter les difficultés qui existaient précédemment, ainsi que les indus engendrés à ce titre, et de laisser la possibilité à de nombreux infirmiers libéraux de facturer en étoile, c'est-à-dire sans mesurer à chaque fois la distance parcourue à partir du cabinet.
Ce mode de calcul, fruit des négociations menées avec les représentants des infirmiers libéraux, apporte donc en réalité une souplesse bienvenue.
Cette disposition fait l'objet d'un suivi entre l'assurance maladie et les représentants des professionnels, comme toutes les mesures conventionnelles, et pourra être adaptée le cas échéant.
Par ailleurs, je souligne que des mesures ont été prises concernant l'accès aux soins, qui est un des objectifs prioritaires du plan Ma Santé 2022.
L'avenant n° 6 permet à cet égard d'améliorer la prise en charge et l'accès aux soins des patients, en mobilisant plusieurs leviers : le développement de la coordination pluriprofessionnelle ; l'investissement dans la prévention ; une meilleure connaissance des soins infirmiers.
Enfin, les mesures démographiques visant à permettre un meilleur maillage territorial ont été renforcées pour favoriser l'exercice des infirmiers dans les zones rurales spécifiquement. À titre d'exemple, l'aide forfaitaire à l'installation s'élève à 27 500 euros, l'aide forfaitaire à la première installation à 37 500 euros et le contrat d'aide au maintien à 3 000 euros par an.
Il me semble donc, monsieur le sénateur, que nous prenons en compte le mieux possible les spécificités des territoires.
Mme le président. La parole est à M. Christian Bilhac, pour la réplique.
M. Christian Bilhac. Merci, monsieur le secrétaire d'État, de votre réponse. Il convient tout de même de préciser que, en milieu rural, les infirmiers parcourent des centaines de kilomètres. Pendant qu'ils sont au volant de leur voiture, ils ne pratiquent pas de soins et ne perçoivent donc pas de rémunération.
Source : senat.fr ↗
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