Annonces du Président de la République
Guillaume GontardGEST
Sénateur — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/11/2021M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le président Gontard, j'ignore si vous me posez une question ou si vous abordez là un élément programmatique. Je vais tout de même tenter de vous répondre.
Le Président de la République n'avait pas fait d'allocution depuis le 12 juillet dernier. Il est intervenu hier soir, à un moment important, afin de fixer pour les semaines et les mois à venir la feuille de route du Gouvernement que je dirige, compte tenu de la situation du pays et du monde, ainsi que des préoccupations de nos concitoyens.
De toute évidence, vous n'en serez pas surpris, je ne partage ni votre diagnostic ni vos appréciations.
M. Marc-Philippe Daubresse. Vous n'êtes pas le seul.
M. Jean Castex, Premier ministre. Hier, le chef de l'État a appelé à notre mobilisation et à notre vigilance face à la reprise épidémique, laquelle ne concerne pas seulement la France, et a ainsi annoncé un certain nombre de dispositions. Je le rappelle, nous avons affaire à une pandémie planétaire : nous devons lutter contre elle dans toutes les parties du monde.
Au titre du mécanisme Covax, La France est le deuxième pays, après les États-Unis, à donner des doses de vaccins aux pays qui n'ont pas les moyens de se les procurer. Nous devrions collectivement en être fiers ! (M. Martin Lévrier applaudit.)
Le Président de la République a également abordé la question du pouvoir d'achat et de l'inflation. Vous le voyez toutes et tous dans vos départements : aujourd'hui, ce qui pose problème, c'est la difficulté à recruter. Là encore, nous devrions nous réjouir du fait que notre dynamique de créations d'emplois, grâce à la reprise, grâce au plan de relance et à la mobilisation de nos concitoyens, est l'une des plus fortes d'Europe. (M. Laurent Duplomb s'exclame.)
Alors qu'on nous annonçait son explosion il y a quelques mois, le taux de chômage est parmi les plus bas depuis quinze ans. Mais cela ne suffit pas ! Selon la Banque de France, plus de 300 000 emplois ne sont pas pourvus aujourd'hui. S'ils l'étaient, nous retrouverions le taux de chômage de 1982 – j'ai déjà eu l'occasion de le dire.
Oui, la mobilisation générale est nécessaire pour faire face à cette situation ; non, nous ne stigmatisons personne. On ne peut pas à la fois nous reprocher d'avoir suspendu la réforme de l'assurance chômage, alors même que le chômage montait, et de veiller à son entrée en vigueur le 1er décembre prochain.
Nous avons des emplois à proposer aux chômeurs, ce n'est en rien les stigmatiser ! Nous croyons en la valeur travail. Nous proposons à nos concitoyens de s'élever par le travail, d'obtenir un meilleur salaire et une meilleure place dans la société.
Oui, il faut faire entrer en vigueur la réforme de l'assurance chômage.
Oui, il faut que Pôle emploi multiplie les actions en direction des entreprises et des demandeurs d'emploi, y compris les contrôles – nous l'assumons –, de sorte que le travail et l'activité progressent dans notre société ! (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP, ainsi que sur des travées du groupe UC.)
M. le président. La parole est à M. Guillaume Gontard, pour la réplique.
M. Guillaume Gontard. Nous avons compris : monsieur le Premier ministre, vous êtes satisfait ! Pourtant, on ne construira pas l'avenir avec les lunettes du passé ; on ne luttera pas contre le dérèglement climatique sans changer de modèle ; on ne réduira pas les inégalités en s'acharnant sur les plus démunis.
Notre avenir sera écologique et solidaire ou ne sera pas ! (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
Source : senat.fr ↗
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