Situation au Mali
Christian CambonLes Républicains
Sénateur — Val-de-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/02/2022M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le président Cambon, je reprends la parole sur ce sujet après avoir répondu au président Kanner.
Vous avez parlé d'humiliation. Il y a incontestablement une très grave crise politique avec le Mali.
Que vouliez-vous que notre pays fît d'autre ?
La France, dont je réponds devant vous de l'action, a très fermement condamné – elle n'est d'ailleurs pas la seule – tout ce que vous avez précisément décrit et qui doit être imputé à la seule junte militaire malienne. Effectivement, ce régime a, entre autres, décidé de renvoyer notre ambassadeur.
Je vous rappelle que le représentant de la Cédéao au Mali a également été renvoyé, et que le Danemark a été éconduit, comme vous l'avez rappelé, monsieur le président Cambon.
Mais permettez-moi de dire qu'il ne s'agit pas d'une humiliation !
Je le redis, que vouliez-vous que notre pays fît d'autre ?
Auriez-vous voulu que l'on approuve le coup d'État ? Le fait que le régime malien renvoie notre ambassadeur montre que nous avons parfaitement bien fait en condamnant les événements avec la fermeté dont nous avons fait preuve ! (Exclamations sur plusieurs travées.)
Certes, le renvoi de notre ambassadeur est un élément nouveau dans la stratégie globale de notre présence dans cette région du monde. Nous devons faire évoluer notre dispositif opérationnel pour lutter contre le terrorisme, non seulement au Mali, mais aussi dans d'autres pays de la région, comme le Niger.
J'insiste sur ce point : le problème concerne non pas uniquement les relations entre la France et le Mali, mais la lutte contre le terrorisme international. L'Europe est au rendez-vous : les ministres des affaires étrangères des pays de l'Union européenne, réunis le 24 janvier, vont prendre des sanctions contre le Mali. La Cédéao s'est également réunie, comme vous le savez. Dans ce cadre multilatéral, nous travaillons pour déterminer la nature de notre réaction et faire évoluer notre dispositif.
Je reviens à la question qu'a posée le président Kanner. Le Parlement mérite évidemment d'être parfaitement informé de cette situation. Je le dis : sur ce sujet extrêmement important, en plus des travaux des commissions parlementaires, le Gouvernement organisera un débat sur la base de l'article 50-1 de la Constitution. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – Mme Colette Mélot ainsi que MM. Pierre Louault et Jean-Michel Arnaud applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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