Nécessaire réaffectation dans le Nord-Pas-de-Calais d'un hélicoptère de la sécurité civile Dragon 62
Jean-François RapinLes Républicains
Sénateur — Pas-de-Calais
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/12/2022M. Jean-François Rapin. Madame la secrétaire d'État, en 2015, les moyens de la sécurité civile du Pas-de-Calais se sont vus amputés par le transfert de l'hélicoptère Dragon 62, qui opérait sur le département, vers la Guyane. Je ne conteste pas ce transfert, la Guyane ayant besoin de moyens complémentaires de sécurité civile.
Néanmoins, le département du Pas-de-Calais revêt en ce moment un caractère particulier, notamment dans la zone du Touquet, où l'hélicoptère Dragon 62 était implanté.
En effet, vous le savez, sur ce littoral, plusieurs questions importantes se posent.
Tout d'abord, le tourisme évolue énormément : la fréquentation augmente de façon exponentielle. Or la confluence de trois estuaires implique des dangers substantiels, notamment liés aux marées montantes.
Par ailleurs, nous sommes confrontés au problème migratoire, dont l'enjeu est à la fois la surveillance des côtes et les interventions pour secours aux personnes.
Madame la secrétaire d'État, les élus du Pas-de-Calais, mais aussi les services de secours, qui le réclament souvent, souhaitent que soit de nouveau envisagée la réimplantation de cet hélicoptère sur l'aéroport du Touquet, au mieux sur une période annuelle, au pire sur une période estivale.
Dans le contexte de la renégociation du schéma d'implantation, que compte faire le Gouvernement pour ce département ?
M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Sonia Backès, secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer, chargée de la citoyenneté. Monsieur le sénateur Rapin, la flotte d'hélicoptères de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) compte actuellement 35 hélicoptères – nombre qui sera porté à 37 d'ici à quelques jours.
L'acquisition de nouveaux appareils – deux en 2021 et deux en 2022 – a ainsi permis, dans un temps court, de résoudre en partie les difficultés liées aux défaillances du prestataire logistique et au vieillissement du parc d'hélicoptères EC145.
Mais l'équilibre reste fragile, entre la ressource humaine disponible et une ressource technique qui n'est pas encore optimale, à tel point qu'un détachement permanent est actuellement fermé depuis plus d'un an.
Dans le cadre du projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'intérieur (Lopmi), ont été actés le renouvellement de la flotte actuelle et l'atteinte d'un objectif cible de 40 appareils, objectif qui permettra de remplir le contrat opérationnel d'ouverture des bases et détachements existants en lien avec les ressources humaines disponibles.
Une étude sur l'implantation et la répartition actuelle des bases pourra alors être conduite, en lien avec les implantations des hélicoptères de la gendarmerie nationale et de celles des HéliSmur du service mobile d'urgence et de réanimation (Smur). Elle concernera bien entendu la faisabilité de l'ouverture d'une base dans la zone de défense nord.
Dans cette attente, je rappelle que la région Hauts-de-France dispose de sept hélicoptères, dont trois d'État. Ainsi, quatre HéliSmur sont implantés respectivement à Amiens, Arras, Laon et Lille, un EC135 et un Écureuil de la gendarmerie nationale sont implantés à Amiens et un Dauphin de la marine nationale au Touquet.
Ces implantations permettent donc de couvrir actuellement les besoins en l'absence d'hélicoptère de la sécurité civile.
M. le président. La parole est à M. Jean-François Rapin, pour la réplique.
M. Jean-François Rapin. Merci de votre réponse, madame la secrétaire d'État. Je m'attendais à ce que vous dressiez un panel de ce qui existe dans les Hauts-de-France, mais, vous le savez, les interventions du service d'aide médicale urgente (Samu) ne sont pas les mêmes que celles de la sécurité civile.
Vous avez cité le Dauphin de la marine nationale : j'en suis heureux, mais je vous signale qu'il est actuellement impossible de coordonner les actions de la sécurité civile, du Samu et de la marine nationale. En effet, les heures d'intervention de cette dernière étant limitées, l'hélicoptère ne peut pas être mobilisé à tout instant.
Source : senat.fr ↗
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