Revendications des salariés des raffineries pétrolières
É Éric BocquetCRCE-K Sénateur — NordLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 13/10/2022M. Olivier Véran, ministre délégué auprès de la Première ministre, chargé du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement. Monsieur le sénateur Bocquet, de par votre appartenance politique, de par les combats que vous avez menés, je vous sais plus attaché que quiconque ici…
M. Xavier Iacovelli. À la CGT !
M. Olivier Véran, ministre délégué. … à la qualité du dialogue social et au respect des accords obtenus à travers ce même dialogue social. (Murmures sur des travées du groupe Les Républicains.)
Monsieur le sénateur, je vous invite à considérer une situation dans laquelle, d'une part, des syndicats majoritaires obtiennent un accord majoritaire avec un employeur sur une hausse des salaires et, d'autre part, un syndicat non-signataire…
Mme Cathy Apourceau-Poly. Deux syndicats : la CGT et FO !
M. Olivier Véran, ministre délégué. … ou plutôt deux syndicats non-signataires minoritaires…
M. Pascal Savoldelli. Et vous alors ? Vous êtes minoritaires partout !
M. Olivier Véran, ministre délégué. Il me semble non seulement que le dialogue social, c'est le fait majoritaire, mais aussi que les communistes ont toujours respecté cette logique, tout comme le Gouvernement.
Ces deux syndicats minoritaires ont donc décidé non seulement de contester cet accord, mais aussi de bloquer l'outil de travail, c'est-à-dire celui des salariés qui se sont engagés, à travers un accord majoritaire, en faveur de cette hausse des salaires.
Je vous invite à envisager cette situation pour ce qu'elle a d'inhabituel, de non conforme au droit du travail et au droit social. Du point de vue du Gouvernement, cela justifie le recours à des réquisitions, qui n'ont rien d'abusif, mais qui sont nécessaires pour permettre à l'outil de travail, à l'outil productif, de retrouver ses pleines fonctions et ses pleines missions.
M. Emmanuel Capus. Très bien !
M. Olivier Véran, ministre délégué. La Première ministre a d'ailleurs fait le distinguo avec la situation d'un autre groupe au sein duquel aucun accord n'a encore été trouvé.
Croyez en l'engagement du Gouvernement pour faire en sorte que tout le monde se mette autour de la table et discute des conditions d'un accord qui nous permettrait de sortir de cette crise.
Permettez-moi d'insister, monsieur le sénateur : il ne vous est encore jamais arrivé, en tant que parlementaire ou élu local, d'aller contester un accord signé en bonne et due forme par des syndicats majoritaires – et ce dernier mot est important.
M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.
M. Éric Bocquet. Les salariés des groupes concernés ne demandent pas une hausse de 52 % de leurs revenus, à l'image de celle que le PDG de TotalEnergies s'est octroyée. Ils demandent leur part légitime.
En cette rentrée de forte inflation, la question du pouvoir d'achat est devenue la première préoccupation de nos concitoyens. Comment pourrait-on s'étonner de leurs revendications ?
Vous allez déposer deux amendements au projet de loi de finances visant à dégager, nous dit-on, 200 millions d'euros : c'est très, très loin du compte. Il faut taxer fortement les superprofits pour aider les salariés, les retraités, les entreprises et les collectivités.
Le ministre Bruno Le Maire a déclaré, la semaine dernière, préférer le ciblage au saupoudrage. Sachez que, de ce côté de l'hémicycle, nous préférons le partage au bricolage ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe CRCE et sur des travées des groupes GEST et SER. – Mme Esther Benbassa applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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