Effets des délestages sur les télécommunications
P Patrick ChaizeLes Républicains Sénateur — AinLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/12/2022M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de la transition numérique et des télécommunications. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Chaize, permettez-moi d'abord de saluer l'immense travail des salariés d'EDF, qui mettent notre pays sur la bonne voie, ainsi que l'esprit de responsabilité des Français, puisque Réseau de transport d'électricité (RTE) nous annonce une diminution de presque 10 % de la consommation électrique la semaine dernière par rapport aux années précédentes, dans notre pays.
M. François Bonhomme. La bougie…
M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué. La continuité des appels d'urgence que vous évoquez repose sur le 112, qui a l'avantage d'être mutualisé entre tous les opérateurs. Nous œuvrons depuis cet été à limiter au maximum les conséquences d'éventuels délestages sur les réseaux de télécommunications et, donc, sur ces appels d'urgence.
Il s'agit d'un travail inédit et titanesque du fait de la nature et des choix historiques d'organisation des réseaux en France. Il suppose de déterminer l'impact croisé des 60 000 points d'alimentation du réseau électrique avec les 110 000 équipements télécoms, dont 80 000 antennes et 30 000 équipements structurants qui leur permettent de communiquer entre elles.
Je rappelle par ailleurs que, même en l'absence de délestage, le réseau télécom n'est pas infaillible et que chaque antenne, dans notre pays, tombe en panne pour raison technique ou en cas d'intempéries en moyenne une fois par an.
M. François Bonhomme. Contrairement aux bougies…
M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué. À la demande du Gouvernement, les opérateurs ont ainsi déjà pris des mesures importantes. Ils ont renforcé dès cet automne l'alimentation de plus de mille nœuds et cœurs de réseau, en les équipant de batteries supplémentaires. Je veille à ce que ces batteries soient testées désormais chaque mois.
Ils ont considérablement réduit par ailleurs les délais de transmission de la carte de couverture du 112, afin que le ministère de l'intérieur puisse déployer des moyens de secours additionnels en cas de besoin.
Par ailleurs, en cas de délestage, nous demanderons aux opérateurs de réquisitionner tous les équipements mobiles disponibles, ainsi que les équipes d'astreinte, afin de renforcer la résilience du 112. Nous veillerons également à ce que tous les opérateurs effectuent des simulations pour prioriser les antennes à préserver et renforcer ainsi la résilience du 112 sur la base du travail réalisé cet automne par les préfets et Enedis.
Vous le voyez, monsieur le sénateur, le Gouvernement est pleinement mobilisé pour garantir l'accès aux numéros d'urgence des Français en cas de délestage, mais aussi pour garantir la résilience du réseau télécom ces prochaines années. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Patrick Chaize, pour la réplique.
M. Patrick Chaize. J'entends votre réponse, monsieur le ministre. Je ne nie pas vos échanges avec les opérateurs, mais reconnaissez qu'ils sont un peu tardifs, d'autant que je ne suis pas persuadé que le délestage soit vraiment la solution.
Plutôt que des mesures punitives, je pense que des actions « récompenses », par exemple sur les tarifs, seraient plus vertueuses.
Les territoires ruraux seront pénalisés. Attention à ce que les zones délestées ne soient pas, une fois de plus, les zones délaissées. (Oh ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Françoise Gatel applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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