Reste à charge pour les titulaires d'un compte personnel de formation
É Éric BocquetCRCE-K Sénateur — NordLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/12/2022Mme Carole Grandjean, ministre déléguée auprès du ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, chargée de l'enseignement et de la formation professionnels. Monsieur le sénateur Bocquet, j'ai écouté avec attention ce que vous venez de dire, et je crois que c'est tout le contraire ! (Rires sur les travées des groupes SER et CRCE. – Mme Éliane Assassi s'exclame.)
M. David Assouline. Si vous le dites…
Mme Carole Grandjean, ministre déléguée. Rendre le système plus juste et plus efficace, combattre les fraudes, régulariser les dérives et toujours associer la formation à un projet professionnel d'avenir : telle est notre ambition.
Je le rappelle, le Gouvernement a porté ces derniers mois un certain nombre de mesures pour améliorer la qualité de la formation, ce qui a conduit à éliminer environ deux tiers des certifications, dont l'intérêt n'était pas avéré pour l'évolution professionnelle de nos concitoyens.
Il a également œuvré à évincer des plateformes les organismes de formation qui ne satisfaisaient pas les exigences attendues.
Par ailleurs, depuis octobre, nous avons débattu et adopté une loi portée par votre collègue Martin Lévrier et visant à lutter contre le démarchage abusif et les fraudes.
Il s'agit à présent de faire en sorte que chaque bénéficiaire s'engage de manière active dans sa formation avec une participation financière. Mais nous voulons que ce soit juste. (Ah ! sur les travées des groupes SER et CRCE.) C'est la raison pour laquelle les demandeurs d'emploi en seront dispensés, tout comme les salariés qui ont coconstruit un projet professionnel avec leur employeur via un abondement.
C'est sur ces bases d'efficacité et d'équilibre que s'ouvriront les concertations avec les partenaires sociaux, les parlementaires et les acteurs de la formation, afin de déterminer le niveau de cette participation et son plafonnement.
Je suis convaincue que la formation est une clé essentielle dans les parcours professionnels. Cette responsabilité de l'individu ne doit pas être un frein à l'accès à la formation. Nous y serons attentifs. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.
M. Éric Bocquet. Madame la ministre, votre réponse est loin d'être rassurante.
En 2018, le directeur de cabinet de Muriel Pénicaud disait aux partenaires sociaux qu'il n'y aurait pas de problème de financement, car les cotisations patronales seraient augmentées en conséquence s'il le fallait.
Mais vous venez de nous expliquer un autre choix : c'est la première fois dans notre histoire sociale que nos concitoyens devront financer eux-mêmes l'accès à un droit acquis ! (Applaudissements sur les travées des groupes CRCE et SER.)
Source : senat.fr ↗
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