Mise à contribution des fournisseurs d'énergie
Jean-Claude TissotSER
Sénateur — Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/01/2023M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Monsieur le sénateur, cela vous surprendra peut-être, mais je suis d'accord avec tous vos propos. (Exclamations sur les travées des groupes SER et CRCE.) Agnès Pannier-Runacher dirait la même chose, sous le contrôle de la Première ministre.
Faut-il que les énergéticiens soient taxés parce qu'ils bénéficient d'une rente et qu'il faut bien payer le bouclier tarifaire que nous avons mis en place pour protéger nos compatriotes et les entreprises contre la flambée des prix de l'électricité et du gaz ? Oui, et ils règlent déjà plus de la moitié de la facture grâce à la contribution sur la rente inframarginale que nous avons mise en place et qui va rapporter cette année 26 milliards d'euros.
M. Fabien Gay. Vous leur redonnez de la main gauche ce que vous leur avez pris de la main droite !
M. Bruno Le Maire, ministre. Doivent-ils contribuer au coût pour les finances publiques des 280 euros le mégawattheure en moyenne que nous avons imposés, à la demande du Président de la République, pour les très petites entreprises, afin qu'elles n'aient pas à payer des factures sur la base de 500 euros, 600 euros ou 1 000 euros le mégawattheure ? Oui, bien sûr, et je recevrai la semaine prochaine les fournisseurs d'énergie pour les rappeler à leurs obligations. Je vous le dis, ces 280 euros le mégawattheure doivent être payés, au moins en partie, par les fournisseurs d'énergie.
Faut-il réformer le marché européen de l'énergie ? Nous avons déjà engagé cette bataille, avec le Président de la République, depuis des mois.
M. Fabien Gay. On voit le résultat !
M. Bruno Le Maire, ministre. Agnès Pannier-Runacher et moi-même ne passons pas une semaine, voire un jour, sans discuter avec nos partenaires européens pour obtenir exactement ce que vous souhaitez, et qui nous semble juste : que le prix de l'énergie en France soit fixé en fonction du coût de production, et non pas au coût marginal d'ouverture de la dernière centrale à gaz. (Exclamations sur les travées du groupe SER.)
Cette solution a dominé pendant des années, mais elle est désormais obsolète. J'y insiste, nous voulons que nos compatriotes payent le prix de l'énergie au coût de production et non pas au coût marginal d'ouverture d'une centrale à gaz.
Enfin, nous avons repris le contrôle de 100 % d'EDF, ce qui devrait vous réjouir. Nous estimons, comme vous, que l'énergie est un bien stratégique et que l'électricité sera la grande question économique du XXIe siècle. En prenant le contrôle de la production d'électricité décarbonée en France, nous nous donnons tous les moyens d'être compétitifs et d'avoir une économie qui réussit. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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