Grève au Journal du dimanche
D David AssoulineSER Sénateur — ParisLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/06/2023M. Olivier Véran, ministre délégué auprès de la Première ministre, chargé du renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement. Monsieur le sénateur David Assouline, à mon tour, je voudrais saluer au nom du Gouvernement votre action en tant que sénateur durant toutes ces années et l'apport qui aura été le vôtre dans cette Haute Assemblée. (Exclamations ironiques sur des travées du groupe Les Républicains.)
Monsieur le sénateur, vous interrogez le Gouvernement sur la question de la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du JDD.
Comme vous êtes un très fin connaisseur des règles en vigueur dans le milieu culturel, vous savez qu'il ne revient pas au Gouvernement de décider qui sera le directeur de tel ou tel journal. D'ailleurs, si tel était le cas, ce serait grave : tout le monde, sur ces travées, considérerait que nous outrepasserions nos droits.
Mme Françoise Gatel. Absolument !
Mme Laurence Rossignol. Ce n'est pas le sujet !
M. Olivier Véran, ministre délégué. L'État est là pour garantir le pluralisme et la liberté de la presse. Il est aussi là pour la financer : plus de 400 titres de presse ont ainsi été subventionnés l'année dernière - et c'est très bien ainsi.
Pour autant, la question de savoir s'il ne faut pas mettre les comités de rédaction à l'abri de l'influence des actionnaires est légitime.
Vous proposez, par exemple, de soumettre au suffrage des journalistes d'un quotidien ou de tout autre type de journal la désignation de son rédacteur en chef. Je sais que certains journaux, comme Les Échos, par exemple, le font déjà.
Une réflexion est en cours au Parlement sur ce sujet, sous l'égide de la ministre de la culture - qui vous prie d'ailleurs de bien vouloir excuser son absence, car elle accompagne actuellement le Président de la République à Marseille. Les parlementaires ont aussi pour objectif de réfléchir à une adaptation de la loi Bloche de 2016, afin de renforcer la liberté, l'indépendance et le pluralisme des médias.
En outre, vous l'avez souligné, le Président de la République souhaite organiser des états généraux de l'information qui pourraient être l'occasion d'aborder ce type de problématique.
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. Quand ?
M. Olivier Véran, ministre délégué. Il ne me revient pas de vous dire que nous discuterons précisément de ce point, mais, dès lors que l'on ouvre ce chantier, qui est important, toutes les questions pourront être posées.
Monsieur le sénateur, j'espère avoir répondu, non pas sur le cas précis qui vous occupe et vous mobilise, mais de façon plus générale sur la question de l'indépendance, du pluralisme et de la liberté de la presse. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. David Assouline, pour la réplique.
M. David Assouline. J'ai posé cette question sans esprit polémique. (Exclamations amusées sur des travées du groupe Les Républicains.)
J'appelle tous mes collègues, sur l'ensemble de nos travées, à un sursaut. Dans un monde où toutes les démocraties sont menacées, où les populismes semblent triompher, l'enjeu de la liberté de la presse est vital : c'est un enjeu républicain qui doit nous rassembler, un enjeu démocratique qui doit nous mobiliser.
Je vous suggère de méditer cette phrase de Victor Hugo : « La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c'est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l'une, c'est attenter à l'autre ». (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST. - M. Éric Bocquet applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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