Situation de précarité des étudiantes et des étudiants en cette rentrée 2023
Posée le 12/10/2023 • Ministère interrogé : Enseignement supérieur et recherche
Antoinette Guhl GEST
Sénatrice — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/11/2023
Mme Antoinette Guhl. Madame la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, la précarité explose à un tel niveau que nous en appelons à la protection de la jeunesse, car une société qui ne prend pas soin de sa jeunesse est une société qui n'a pas d'avenir.
Je rappelle un chiffre, édifiant, issu d'une enquête menée par Linkee en cette rentrée 2023 : 76 % des étudiants interrogés ont un « reste à vivre » de moins de 100 euros par mois, soit 3,33 euros par jour, une fois leurs factures payées.
Quel pays laisse sa jeunesse se poser la question de se loger, de se soigner ou de se nourrir ? Je le dis avec tristesse, la réponse à cette question est la France, madame la ministre.
Cette situation de précarité était pourtant bien prévisible.
La revalorisation de 4 % du montant des bourses sur critères sociaux, prévue pour la rentrée 2022, a été maintenue dans la loi de finances pour 2023. Pourtant, les rapporteurs avaient souligné que cela ne permettrait pas de « couvrir l'érosion du pouvoir d'achat découlant de l'inflation constatée en 2022 et 2023 ». C'était donc bien prévisible.
Madame la ministre, face à l'urgence d'agir pour toute une génération d'étudiantes et d'étudiants, face à l'atteinte portée au principe d'égalité d'accès à l'enseignement supérieur, quand et comment comptez-vous mettre en oeuvre une réforme structurelle du système des bourses ?
Avez-vous prévu de donner suite à l'appel de plusieurs présidents d'université pour la mise en place d'une allocation d'études pour l'ensemble des étudiants ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Madame la sénatrice Antoinette Guhl, je vous remercie de votre question.
Le Gouvernement, de même qu'il a très vite porté attention à la protection des Français, n'a pas attendu pour proposer des mesures de protection du pouvoir d'achat des étudiants en particulier, en agissant dès la crise sanitaire, avec, par exemple, la création du repas à 1 euro, en présentant des mesures d'urgence pour la rentrée universitaire 2022 - je ne les rappellerai pas toutes -, dont une première revalorisation des bourses de 4 %, et en apportant, dès cette rentrée 2023, plusieurs améliorations au système de bourses sur critères sociaux, avec une augmentation de près de 20 % du budget dédié aux bourses.
Ces dispositions consistent à revaloriser tous les niveaux des bourses, à réintégrer près de 35 000 boursiers qui n'étaient pas éligibles, à reclasser 140 000 boursiers à un échelon supérieur et à neutraliser les effets de seuil.
Nous avons pour la quatrième année consécutive gelé la tarification des repas au centre régional des oeuvres universitaires et scolaires (Crous), à 1 euro pour les boursiers, ainsi - j'y insiste - que pour les non-boursiers précaires, et à 3,30 euros pour tous les autres étudiants, sans condition de ressources.
Nous gelons également de nouveau pour cette année universitaire les loyers en résidence Crous et les frais d'inscription.
Cette première étape de la réforme des bourses, nous l'avons décidée selon deux principes : la responsabilité et la justice sociale.
Agir en responsabilité, c'était n'engager que des mesures que nous savions pouvoir mettre en oeuvre dès cette rentrée 2023. Agir pour la justice sociale,...
M. le président. Veuillez conclure, madame la ministre.
Mme Sylvie Retailleau, ministre. ... c'était renforcer le système redistributif.
Nous avons également agi sur la question des Crous, en recrutant 70 personnes, et sur celle de la santé mentale des étudiants, qui est un point important.
Notre action se traduit par un demi-milliard d'euros supplémentaires dans le budget 2024.
M. le président. La parole est à Mme Antoinette Guhl, pour la réplique.
Mme Antoinette Guhl. Madame la ministre, je ne souhaite pas que le titre du livre de Salomé Saqué, Sois jeune et tais-toi (L'oratrice brandit l'ouvrage évoqué.), demeure une réalité.
Aussi, madame la ministre, mes chers collègues, je vous invite à venir au séminaire jeunesse intitulé Pour une fois, écoutons-les !,...
M. le président. Il faut conclure, ma chère collègue.
Mme Antoinette Guhl. ... que j'organiserai prochainement au Sénat avec mes collègues Monique de Marco et Mathilde Ollivier.
Mme Sylvie Retailleau, ministre. Merci !
Source : senat.fr ↗
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