Renouvellement de l'autorisation du glyphosate au niveau européen
Posée le 16/11/2023 • Ministère interrogé : Agriculture et souveraineté alimentaire
Daniel Salmon GEST
Sénateur — Ille-et-Vilaine
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 16/11/2023
M. Marc Fesneau, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Salmon, le comité d'appel se prononcera sur la ré-homologation du glyphosate.
La position de la France sur ce sujet est la même depuis le début : nous n'étions pas d'accord et nous ne sommes pas d'accord avec la position de la Commission telle qu'elle est formulée. Celle-ci, en termes de durée comme en termes d'usage, ne correspond pas à la ligne que la France a choisie.
Permettez-moi de vous dire que la France a plutôt un rôle de leadership, puisque c'est le seul pays d'Europe et du monde à avoir d'ores et déjà pris des mesures de restriction. Les résultats sont au rendez-vous : nous avons réduit les usages de 27 % à 30 %.
Quoi qu'il en soit, nous sommes dans un cadre européen. Il faut reconnaître, monsieur Salmon, que le principe de réalité s'impose. Il existe, par exemple, des usages pour lesquels nous sommes aujourd'hui dans une impasse.
M. Yannick Jadot. C'est faux !
M. Marc Fesneau, ministre. Je pense à l'agriculture de conservation des sols. J'imagine que vous la défendez, puisqu'elle permet d'améliorer la qualité des sols et la productivité et de stocker plus de carbone. Au moment où je vous parle, il n'y a pas d'alternative crédible. (Exclamations sur les travées du groupe GEST.)
M. Yannick Jadot. Bien sûr que si !
M. Marc Fesneau, ministre. La position de la France est simple : partout où l'on peut réduire les usages, conformément à la trajectoire que nous nous sommes donnée, nous le faisons ; et là où il y a des impasses, nous assumons aussi les positions qui sont les nôtres.
Nous continuerons donc à défendre au niveau européen la volonté de réduire l'usage du glyphosate ; dans le même temps, nous prenons acte des impasses dans lesquelles nous nous trouvons.
Enfin, monsieur le sénateur Salmon, les décisions et les propositions de la Commission européenne sont basées sur les préconisations de l'Efsa, dont les travaux ont été aussi alimentés par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).
La science ne saurait être à géométrie variable. (Protestations sur les travées du groupe GEST. - Applaudissements sur des travées des groupes Les Républicains et INDEP.) L'Efsa et l'Anses nous ont livré un certain nombre d'éléments sur le glyphosate, écoutez-les et n'agissez pas seulement selon vos convictions, ce sera mieux pour tout le monde ! (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI, INDEP, UC et Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Daniel Salmon, pour la réplique.
M. Daniel Salmon. Monsieur le ministre, vous le savez parfaitement, la fabrique du doute fonctionne à plein régime aujourd'hui avec des pseudo-études scientifiques payées par les grands groupes. Hier, l'amiante, le fossile, le tabac ; aujourd'hui, les pesticides : personne n'est dupe ! (Mme Sophie Primas proteste.)
Prenez vos responsabilités ! Vous avez la chance de pouvoir demain remettre la France à sa place dans le leadership européen. Ne la gâchez pas, ne faites pas en sorte que nous ayons honte de la position de notre pays !
Le glyphosate, c'est chose avérée, est un poison : des méta-analyses le prouvent tous les jours et ce ne sont pas de petites études faites par les grands groupes ! (Applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées des groupes SER et CRCE-K.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Daniel Salmon
Conditions d'application de la surcote parentale
Question écrite • 25/06/2026
Généralisation de la facturation électronique pour les petits apiculteurs disposant d'un numéro SIRET
Question écrite • 25/06/2026
Pics de chaleur et action du Gouvernement en matière d'anticipation et d'adaptation
Question au Gouvernement • 18/06/2026
Mise en service de l'Annie Hillina pour la pêche francaise
Question écrite • 14/05/2026