Prévention des inondations
Posée le 23/11/2023 • Ministère interrogé : Transition écologique et cohésion des territoires
Jean-Yves Roux RDSE
Sénateur — Alpes de Haute-Provence
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 23/11/2023
M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur le sénateur Roux, tout d'abord, vous l'avez rappelé, la loi Maptam a près de dix ans.
Comme souvent dans de tels cas, se pose la question de ce qui a été accompli depuis lors. En effet, de véritables disparités territoriales existent.
Dans la nuit du 14 au 15 novembre, en Savoie et en Haute-Savoie, des crues très fortes ont provoqué des dégâts importants, d'un niveau supérieur à ceux qu'a connus le Pas-de-Calais. Ces dégâts sont passés en quelque sorte sous les radars, car ils n'ont pas donné lieu à autant de sinistrés.
Les investissements en matière de Gemapi, notamment le programme d'actions de prévention des inondations (Papi) réalisé en 2020, avec 44 millions d'euros de soutien de l'État sur les 66 millions d'euros engagés, ont permis de ne pas avoir autant de dégâts qu'escomptés, alors que la crue a battu le record de celle de 2015 et atteint le plus haut niveau depuis 1904.
Quelles mesures de court terme ai-je annoncées, voilà quelques jours, devant la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat ?
Dès le 1er janvier prochain, il sera possible d'utiliser le fonds vert, y compris dans les territoires qui n'auraient pas levé de taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations, dite taxe Gemapi, pour accélérer la mise en oeuvre de systèmes d'endiguement.
Toutefois, le rendez-vous de l'après-inondation va un peu au-delà. En effet, monsieur le sénateur, vous pointez une taxe qui pèse sur chaque personne, alors que le risque dépend des surfaces, des linéaires de fleuves et des difficultés qu'ils comportent.
Je vous prends au mot, monsieur le sénateur, puisque vous avez vous-même indiqué que les dispositifs allaient moins vite que le dérèglement climatique.
Ainsi, l'enjeu est non pas d'observer, un jour, les inondations, le lendemain, les éboulements, le troisième jour, les sécheresses : il faut adapter globalement notre système. (M. Laurent Duplomb s'exclame.)
Au début de l'année prochaine, je présenterai, sous l'autorité de la Première ministre, le programme national d'adaptation au changement climatique. Il met fin à un déni : au regard du rythme adopté par les États dans le monde, nous devons nous préparer à un réchauffement climatique de 4 degrés. Ce volet doit s'accompagner d'une refonte du régime des catastrophes naturelles et d'une évolution des dispositifs de solidarité, compte tenu de l'augmentation de la fréquence de telles catastrophes.
M. le président. Il faut conclure, monsieur le ministre !
M. Christophe Béchu, ministre. C'est ce rendez-vous de solidarité et de vérité que nous aurons bientôt. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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