Enfants à la rue
Mathilde OllivierGEST
Sénatrice — Français établis hors de France (Série 1)
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 23/11/2023Mme Charlotte Caubel, secrétaire d'État auprès de la Première ministre, chargée de l'enfance. Madame la sénatrice Mathilde Ollivier, un enfant dans la rue est évidemment un enfant de trop. On ne peut que le souligner, qui plus est en cette semaine des droits de l'enfant. Le droit à des conditions de vie dignes est un droit fondamental reconnu par la convention internationale des droits de l'enfant.
Comme vous, le Gouvernement est extrêmement préoccupé par le sort de ces enfants et de ces familles ; et, contrairement à ce que vous avancez, il prend ses responsabilités face à ces situations dramatiques.
Mme Antoinette Guhl. La preuve !
Mme Charlotte Caubel, secrétaire d'État. Nous nous sommes une nouvelle fois penchés sur ce problème lors du dernier comité interministériel de l'enfance.
Les efforts déployés pour mettre à l'abri les enfants vivant à la rue n'ont jamais été aussi grands. (Protestations sur les travées des groupes GEST, SER et CRCE-K.) En témoigne le maintien du parc d'hébergement d'urgence à un très haut niveau.
Depuis 2017, nous n'avons cessé de créer des places de mise à l'abri. Nous avons maintenu à plus de 200 000 le nombre de ces hébergements, qui permettent d'accueillir 70 000 enfants chaque année.
M. Ian Brossat. Il y en a encore dans la rue !
Mme Charlotte Caubel, secrétaire d'État. Vous citez des chiffres qui, par définition, évoluent constamment, puisque, si nous obtenons des logements pérennes pour un certain nombre de familles, d'autres arrivent sans cesse...
M. Ian Brossat. Et alors ?
Mme Charlotte Caubel, secrétaire d'État. C'est tout l'enjeu de la gestion des flux ; mais, pour votre part, vous ne raisonnez qu'à partir des stocks.
Par ailleurs, diverses mesures du pacte des solidarités permettent de poursuivre l'amélioration des conditions de vie de ces enfants. (Exclamations sur les travées des groupes GEST, SER et CRCE-K.) L'année dernière, plus de 3 000 d'entre eux ont ainsi été scolarisés par le ministère de l'éducation nationale.
Dans ces hébergements à l'hôtel, nous veillons non seulement à la scolarisation des enfants, mais aussi à leur accès aux soins. Nous créons des points de restauration et des lieux de loisirs pour améliorer leurs conditions de vie.
Si nous nous efforçons de mettre ces enfants à l'abri, nous ne devons pas perdre de vue un objectif majeur : l'accès à un logement pérenne.
Face à cet enjeu, le Gouvernement est, de même, résolument engagé. Plus de 240 000 personnes, dont 100 000 enfants, ont ainsi accédé au logement social l'année dernière. La logique est bel et bien la sortie du logement d'urgence.
Enfin - je tiens à le souligner -, nous souhaitons conduire cette politique volontariste avec le secteur associatif et les collectivités territoriales. C'est notre engagement !
M. le président. La parole est à Mme Mathilde Ollivier, pour la réplique.
Mme Mathilde Ollivier. En 2017, le Président de la République disait qu'il ne voulait plus voir personne dans la rue. Or 2 800 enfants sont aujourd'hui sans domicile.
Vous êtes aux responsabilités depuis six ans et vous n'êtes pas à la hauteur ! C'est votre politique qui a conduit à cette catastrophe sociale.
Cessez enfin de vous défiler : réveillez-vous et ouvrez ces 10 000 places d'hébergement maintenant ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées des groupes SER et CRCE-K.)
Source : senat.fr ↗
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