Application des lois Égalim
Posée le 08/02/2024 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique
Patricia Schillinger RDPI
Sénatrice — Haut-Rhin
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/02/2024
M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Madame la sénatrice,...
Une voix à droite. Il est là !
M. Jean-François Husson. « Je suis né en 1989 ! » (Sourires.)
M. Bruno Le Maire, ministre. ... je partage totalement ce que vous venez de dire sur le revenu des producteurs : c'est, bien évidemment, le combat essentiel. Je l'ai mené comme ministre de l'agriculture pendant trois ans ; je le mène aujourd'hui comme ministre de l'économie et des finances, avec M. le Premier ministre et avec le ministre de l'agriculture, M. Marc Fesneau.
Il n'y a pas d'agriculture sans paysans et il n'y a pas de paysans sans revenus décents. Ce revenu décent doit être garanti par le strict respect des lois Égalim.
Nous avons annoncé, à l'issue des négociations commerciales, le 31 janvier, un doublement des contrôles de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur 1 000 contrats, qui concernent 75 des plus gros industriels et les 5 distributeurs.
Sur ces 1 000 contrats, 124 ne respectent pas, pour des raisons de calendrier notamment, les dispositions de la loi Égalim. J'ai donc adressé des injonctions à l'ensemble des distributeurs et des industriels qui ne respectent pas les règles : ils ont quinze jours pour fournir des explications ou se conformer à la loi, faute de quoi chacun encourra une sanction de 5 millions d'euros par infraction.
Croyez-moi, nous n'aurons pas la main qui tremble : les sanctions tomberont sur tous les distributeurs et sur tous les industriels qui n'auraient pas respecté strictement et rigoureusement les dispositions de la loi Égalim.
Ces dispositions s'appliquent à toutes les négociations, qu'elles aient eu lieu en France ou par l'intermédiaire des centrales d'achat européennes. Un produit vendu en France doit respecter toutes les dispositions de la loi Égalim, même s'il a été négocié par l'intermédiaire de ces fameuses centrales d'achat européennes. J'y veillerai aussi, raison pour laquelle j'ai également doublé les contrôles sur ces centrales et sur les négociations qui s'y tiennent.
Enfin, nous veillons particulièrement à protéger le consommateur de toute tromperie, qui est aussi un vol du producteur. Un poulet produit à l'étranger, mais arborant un étiquetage avec un drapeau tricolore représente bien une tromperie du consommateur et un vol du producteur, lequel s'échine à travailler, à cultiver, à produire en France, sur le territoire français, selon les normes et les réglementations françaises.
Encore une fois, nous avons multiplié les contrôles. Les industriels qui s'amusent à mettre des drapeaux tricolores sur des produits qui viennent de l'étranger s'exposent à une sanction qui pourra aller jusqu'à 15 % de leur chiffre d'affaires. Là aussi, les sanctions tomberont et personne ne passera entre les mailles du filet. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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