Difficultés de la filière du nickel en Nouvelle-Calédonie
Posée le 08/02/2024 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique
Georges Naturel Les Républicains
Sénateur — Nouvelle-Calédonie
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/02/2024
M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Monsieur le sénateur Naturel, je partage totalement votre diagnostic sur l'état de la filière du nickel en Nouvelle-Calédonie, confrontée à la fois à une concurrence nouvelle de la part de l'Indonésie, de la Corée du Sud, de la Chine, qui produisent à des coûts bien inférieurs, et à un effondrement du cours du nickel. Ces deux phénomènes mettent les trois usines, celle du Sud, celle de Nouméa et celle du Nord, en grande difficulté.
Je me suis rendu sur place avec le ministre de l'intérieur et des outre-mer, Gérald Darmanin, voilà quelques semaines, pour faire le point avec l'ensemble des acteurs, les élus et les industriels.
J'ai dit à quel point je croyais dans l'avenir économique de la filière du nickel en Nouvelle-Calédonie.
Toutefois, pour que nous puissions ouvrir des perspectives, il nous faut remplir trois conditions, que je rappelle.
Première condition : il importe de conclure effectivement ce pacte Nickel avec l'ensemble des élus locaux, pour mieux exploiter la ressource minière, pour donner de la visibilité sur cette exploitation et pour permettre l'exploitation des minerais qui ne sont pas utilisés, parce que cela permet à ces entreprises qui en ont bien besoin de faire de la trésorerie. Sur ce pacte Nickel, la négociation progresse. J'ai bon espoir que nous puissions parvenir à une signature définitive sous quelques semaines.
Deuxième condition : il convient que l'État s'engage sur la rénovation des réseaux électriques. Le Président de la République a pris de tels engagements et je suis chargé de les mettre en oeuvre. Nous mobiliserons les investissements nécessaires pour moderniser le réseau énergétique calédonien.
Troisième condition, essentielle : il ne peut pas y avoir d'usines sans industriels pour les faire fonctionner. Pour la seule usine du Nord, KNS, j'ai proposé 100 millions d'euros au travers d'un prêt de l'État, 45 millions d'euros d'aide immédiate, 65 millions d'euros de soutien sous une autre forme financière, soit près de 200 millions d'euros de soutien pour une seule usine. L'État a donc fait tout ce qu'il devait faire, à savoir le maximum financièrement, pour l'usine KNS du Nord. Il revient maintenant aux actionnaires, c'est-à-dire la province Nord et Glencore, de prendre leurs responsabilités.
M. le président. La parole est à M. Georges Naturel, pour la réplique.
M. Georges Naturel. Je vous remercie, monsieur le ministre. Nous attendons avec impatience le résultat de ces négociations, compte tenu des soucis particuliers qui préoccupent aujourd'hui les Calédoniens. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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