Piratage des numéros de sécurité sociale
Posée le 15/02/2024 • Ministère interrogé : Travail, santé et solidarités
Nathalie Goulet UC
Sénatrice — Orne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/02/2024
M. Frédéric Valletoux, ministre délégué auprès de la ministre du travail, de la santé et des solidarités, chargé de la santé et de la prévention. Madame la sénatrice Goulet, je vous remercie de votre question. Le sujet que vous évoquez est sensible et il a été de nouveau mis en avant par l'actualité, du fait des cyberattaques dont les opérateurs Viamedis et Almerys, que vous avez cités sans les nommer, ont récemment fait l'objet, conduisant au piratage des comptes des 33 millions d'assurés qui ont contractualisé avec ces opérateurs.
Je précise que ces opérateurs sont des plateformes privées et que seuls ont été piratés l'état civil, la date de naissance, le numéro de sécurité sociale de ces assurés, ainsi que les contrats que ceux-ci ont souscrits auprès d'eux. En aucun cas, les données « larges », celles qui sont notamment liées à la carte Vitale, n'ont été compromises.
Ces opérateurs ont déposé plainte et ont encouragé leurs adhérents à en faire autant.
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) mènent par ailleurs une enquête afin d'évaluer la sécurité informatique de ces opérateurs. Le Gouvernement en étudiera précisément les résultats.
En tout état de cause, soyez assurée, madame la sénatrice, que ces attaques nombreuses - vous en avez du reste rappelé quelques-unes - interpellent le Gouvernement, qui ne compte pas rester inactif. Un programme a été lancé au mois de décembre dernier conjointement par le ministère de la santé et des solidarités et la direction interministérielle du numérique afin de réaliser un audit de la sécurité de ces comptes.
Je réponds à votre ultime question : non, le Gouvernement n'a pas l'intention d'abandonner le projet de transferts de charges sur les cotisations sociales. (Applaudissements sur quelques travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Nathalie Goulet, pour la réplique.
Mme Nathalie Goulet. Vous allez donc bien procéder à des paiements directs sans aucune vérification de la base de données... J'avais raison de ne pas être rassurée, monsieur le ministre ! (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)
Gabriel Attal, lorsqu'il était ministre délégué chargé des comptes publics, a lancé un ambitieux plan de lutte contre la fraude, affirmant que la fraude sociale, comme la fraude fiscale et la fraude douanière, était une fraude du contribuable. (M. le Premier ministre acquiesce.) Il faut y revenir, d'autant que notre situation budgétaire n'est pas des plus florissantes !
J'estime qu'une nouvelle expertise du Sandia (service administratif national d'identification des assurés) et du NIR s'impose.
La cerise sur le gâteau, c'est l'hébergement des données chez Microsoft, avec ce que l'on sait de l'extraterritorialité américaine ! (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées des groupes Les Républicains, GEST et SER.)
M. Mickaël Vallet. C'est une honte !
Mme Nathalie Goulet. Il est difficile de faire pire ! (Nouveaux applaudissements sur les mêmes travées.)
Source : senat.fr ↗
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