Coupes budgétaires de Bercy
Posée le 29/02/2024 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique
Christian Bilhac RDSE
Sénateur — Hérault
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/02/2024
M. Thomas Cazenave, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics. Monsieur le sénateur Bilhac, je tiens d'abord à vous rassurer : on ne brutalise pas la démocratie avec un décret portant annulation de crédits (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.), tout simplement parce que la loi organique relative aux lois de finances, dont la révision en 2021 découle, je le rappelle, d'une initiative parlementaire très largement soutenue, de manière transpartisane, permet de s'adapter au contexte et de revenir sur le vote de certains crédits en cas de crise. (Protestations sur les travées des groupes Les Républicains et SER.)
M. Jean-François Husson. Le contexte n'a pas changé !
M. Thomas Cazenave, ministre délégué. Le contexte, ne vous en déplaise, a bel et bien changé. (Nouvelles protestations sur les mêmes travées.)
D'ailleurs, ce n'est pas la France qui le dit : au même moment où nous revoyons nos prévisions de croissance, la Commission européenne, l'Allemagne, l'Irlande ou les Pays-Bas le font aussi. Vous le voyez, tous les pays européens sont touchés par un ralentissement de l'activité économique en raison de la conjoncture internationale.
M. Max Brisson. Vous n'aviez qu'à écouter davantage le Sénat !
M. Thomas Cazenave, ministre délégué. Regardez ce qui se passe en Chine, regardez les effets de la guerre en Ukraine : ce décret est un acte de responsabilité.
Nous en avons débattu ici même, monsieur Bilhac, et je sais que vous êtes attaché à l'objectif de redressement des finances publiques et à la nécessité de faire des économies.
Je m'attendais, peut-être naïvement, à ce que vous saluiez cet acte de responsabilité, qui contribue à ne pas laisser dériver nos finances publiques. (Protestations sur les travées des groupes Les Républicains, SER et CRCE-K.)
M. Max Brisson. Un peu d'humilité !
M. Thomas Cazenave, ministre délégué. Nous avons fait en sorte de baisser immédiatement nos dépenses de 10 milliards d'euros, tout simplement parce que, quand on gagne moins, on dépense moins. Nous avons les finances publiques en partage : nous n'allons pas demander à nos enfants et à nos petits-enfants de financer nos dépenses !
Mme Catherine Morin-Desailly. Il aurait fallu en débattre de manière transparente !
M. Thomas Cazenave, ministre délégué. L'effort porte sur 1,5 % des dépenses de l'État. Je tiens à cet égard à saluer chacune et chacun des ministres qui participe à cet effort, un effort collégial qui, par souci d'exemplarité, pèse uniquement - j'y insiste - sur l'État.
Monsieur le sénateur, j'espère ainsi avoir pu vous rassurer. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. François Patriat. Très bien !
Source : senat.fr ↗
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