Crise agricole
Posée le 29/02/2024 • Ministère interrogé : Agriculture et souveraineté alimentaire
Gérard Lahellec CRCE-K
Sénateur — Côtes-d'Armor
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/02/2024
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Monsieur le sénateur Lahellec, vous m'interrogez, comme la précédente oratrice, sur le revenu des agriculteurs, en vous intéressant plus particulièrement au territoire national et à la mise en oeuvre des prix plancher.
Vous relayez ici la colère légitime de nos agriculteurs, et vous avez raison ! Il nous faut répondre à cette colère et apporter des solutions concrètes à ces femmes et à ces hommes qui consacrent leur vie à nous nourrir, une vie d'efforts et de contraintes, qui doit être justement rémunérée.
C'est pourquoi, je le redis, nous avons, dès 2017, lancé les États généraux de l'alimentation et fait en sorte que les recommandations des filières agricoles et des agriculteurs trouvent une traduction législative dans les lois Égalim 1 et 2.
A-t-on fait des progrès ? La réponse est oui. Puisque vous avez évoqué les situations de conflit entre un industriel et ses fournisseurs de lait, je rappelle que c'est grâce aux instruments prévus par les lois Égalim que ces derniers bénéficient aujourd'hui de la médiation de l'État, à travers le médiateur des relations commerciales agricoles, dont le rôle est d'accompagner les différents acteurs de la filière. C'est aussi grâce à ces lois que nous avons mis en place un comité de règlement des différends commerciaux agricoles capable de trancher ce type de conflit et de redonner du pouvoir aux agriculteurs dans les négociations.
Comme je l'ai indiqué, nous souhaitons aller plus loin : aussi confions-nous aux députés Alexis Izard et Anne-Laure Babault le soin de nous faire des propositions d'ici quatre mois, ce qui contribuera à construire « en marche avant » le prix des contrats, et ce qui me permet de répondre partiellement à votre question.
Nous retenons cette approche en concertation avec les filières, et sur la base des coûts de production qu'elles auront elles-mêmes définis. Il nous appartiendra de pousser ces filières à mieux s'organiser.
S'agissant de l'Europe, la question est tout à fait légitime : nous prenons le sujet à bras-le-corps, puisque nous l'avons abordé avec le commissaire au marché intérieur, Thierry Breton, et avec le commissaire à l'agriculture : nous poussons pour la mise en place d'une loi Égalim européenne, qui permette de protéger nos agriculteurs et de renforcer nos contrôles.
Source : senat.fr ↗
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