Quel tourisme de montagne demain ?
Posée le 29/02/2024 • Ministère interrogé : Transition écologique et cohésion des territoires
Jean-Michel Arnaud UC
Sénateur — Hautes-Alpes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/02/2024
Mme Olivia Grégoire, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée des entreprises, du tourisme et de la consommation. Monsieur le sénateur Arnaud, vous le savez, cela fait désormais plusieurs années que le Gouvernement est engagé sur cette question et que nous suivons de près la situation économique des stations, que vous avez évoquée et qui est pointée, tant pour aujourd'hui que pour l'avenir, par le rapport de la Cour des comptes.
Nous apportons un soutien massif en matière d'investissements. Le plan Avenir montagnes, lancé par l'ancien Premier ministre Jean Castex, vient de s'achever, avec des investissements qui représentaient - il me semble important de le rappeler - un peu plus de 330 millions d'euros, au service d'une montagne des quatre saisons.
Je tiens à le dire clairement, monsieur le sénateur. Vous vous êtes engagé en faveur du ski, qui est important pour la montagne, et il ne s'agit ni de le dénigrer ni de le remplacer. Mais il faut aussi accompagner les élus de la montagne, comme ils l'appellent - je le crois - de leurs voeux, dans le développement d'une montagne de chaque saison, qui soit capable d'accueillir les touristes même en dehors des périodes d'enneigement.
Les changements climatiques sont structurels, vous l'avez dit. Nous accompagnons des projets très concrets avec des subventions massives de plusieurs millions d'euros pour aménager aujourd'hui la montagne et faire en sorte que celles qui seront moins enneigées puissent proposer d'autres activités.
Je tiens à rappeler que les clients répondent présent, puisqu'il faut saluer le taux d'occupation des stations - je n'y suis pour rien, raison de plus pour m'en féliciter ! Plus de 50 % d'occupation en plein mois de juin dans les Alpes, 60 % dans les Alpes du Nord l'été et jusqu'à la mi-septembre, et 58 % dans les Alpes du Sud : c'est bien la démonstration que, s'il y a la montagne du ski, il y a aussi la montagne de l'avant-ski, et celle de l'après-ski. Le Gouvernement est attentif à accompagner les mutations de cette montagne sans avoir une vision parisienne - comme vous pouvez le dénoncer, parfois à juste titre en évoquant le ski -, mais en étant très lucide, car les acteurs de la montagne le sont. Vous avez écrit très récemment, le 6 février dernier, à Bruno Le Maire : le courrier de réponse devrait prochainement vous être envoyé, j'y veille personnellement.
Les difficultés conjoncturelles sont importantes, et les enjeux structurels, massifs. À l'aune du rapport Giraud, 2030 est le bon horizon. Nous serons aux côtés des collectivités qui, elles aussi, s'engagent - car je ne voudrais pas oublier leur investissement. Des centaines de millions d'euros sont déployés pour accompagner la montagne face à ses difficultés actuelles, mais surtout pour l'accompagner dans ses succès futurs. La montagne, ça nous gagne, mais, surtout, elle gagne des touristes, et pas seulement en hiver, mais pendant les quatre saisons. À nous d'être à la hauteur et de l'accompagner ! (MM. François Patriat et Dominique Théophile applaudissent.)
M. le président. La parole est à M. Jean-Michel Arnaud, pour la réplique.
M. Jean-Michel Arnaud. Je vous remercie de l'attention que vous portez à la montagne.
En pratique, je souhaite qu'une clarification soit apportée en ce qui concerne le travail des experts de la Cour des comptes, qui est complètement à côté de la plaque si l'on regarde la manière dont les choses ont été évaluées. Il faut que cela soit dénoncé clairement par le Gouvernement.
Par ailleurs, nous attendons une nouvelle version du plan d'aménagement de la montagne, qui doit prévoir non seulement une diversification des activités, mais aussi une consolidation de l'existant. Je pense en particulier à des aménagements pour lesquels des autorisations ont été données, et qui n'ont pas fait l'objet de recours juridique : il faut les terminer, car c'est de cette manière que l'on respectera les acteurs de la montagne. Je pense en particulier à ce qui se passe sur la montagne de la Meije, à La Grave, dans le département des Hautes-Alpes. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Jean-Michel Arnaud
Situation financière de la presse locale
Question au Gouvernement • 02/07/2026
Fondements juridiques ayant conduit à la décision de relâcher une louve dans le massif alpin
Question écrite • 25/06/2026
Conséquences pour la politique énergétique des collectivités territoriales de la décision rendue par le Conseil d'État du mardi 26 mai 2026
Question écrite • 11/06/2026
Cadre juridique applicable aux projets photovoltaïques au sol implantés en espaces forestiers
Question écrite • 28/05/2026