Économies budgétaires
Posée le 29/02/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Thierry Cozic SER
Sénateur — Sarthe
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/02/2024
M. Thomas Cazenave, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics. Monsieur le sénateur, est-ce qu'on se détourne du Parlement en prenant un décret d'annulation ? (M. Mickaël Vallet ironise.) J'ai déjà répondu à cette question. C'est la loi organique sur les lois de finances qui nous permet de prendre des mesures d'urgence, des décrets d'annulation. Cela nous est arrivé par le passé.
L'annulation est importante - c'est vrai -, mais c'est parce que le ralentissement économique est lui-même considérable, et elle est plus précoce dans l'année, parce que le ralentissement a justement eu lieu à la fin de 2023. Encore une fois, avec Bruno Le Maire, je me tiens à la disposition de la commission des finances. Nous serons auditionnés dès la semaine prochaine pour expliquer dans le détail le décret d'annulation.
En revanche, vous nous accusez d'insincérité budgétaire. Permettez-moi de revenir sur les prévisions économiques. Le dépôt du projet de loi de finances a eu lieu le 27 septembre dernier. À cette époque, l'OCDE, le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne prévoyaient une croissance pour notre pays de 1,2 %, 1,3 % ou 1,4 %.
À l'époque, notre prévision économique était de 1,4 %. En novembre dernier, la Commission européenne prévoyait encore une croissance de 1,2 %. Votre accusation d'insincérité serait valable si nous étions seuls à revoir notre prévision de croissance durant ce mois de février. Or, je vous l'ai dit, la Commission européenne, l'Allemagne et nous-mêmes avons tenu compte des effets du ralentissement de la conjoncture économique.
En ce qui concerne les prévisions de la Banque de France, je rappelle que prévoir est un exercice difficile. À la fin de 2022, elle prévoyait une croissance de 0,3 % en 2023, alors que celle-ci a été finalement de 0,9 %. C'est la raison pour laquelle je maintiens que nos prévisions ont été rigoureuses. Il était de notre responsabilité de nous adapter immédiatement à la nouvelle donne économique. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Thierry Cozic, pour la réplique.
M. Thierry Cozic. Monsieur le ministre, vous cherchez à vous dédouaner de votre impéritie, mais les crises ne datent pas d'hier. C'est précisément à l'aune de ces dernières que nous vous avions mis en garde dès l'automne dernier.
M. le président. Il faut conclure.
M. Thierry Cozic. Mais en supprimant 8 000 postes dans l'enseignement scolaire, 7 500 dans la recherche, 300 dans la justice, c'est l'avenir de notre pays que vous sacrifiez sur l'autel des marchés financiers que vous entendez contenter. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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