Dérapage des comptes publics
Posée le 28/03/2024 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique
Vincent Capo-Canellas UC
Sénateur — Seine-Saint-Denis
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/03/2024
Mme Françoise Gatel. Quel succès ! (Sourires.)
M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Je vois que l'accueil est toujours aussi chaleureux au Sénat ! (Mêmes mouvements.)
Monsieur le sénateur Capo-Canellas, vous m'interrogez sur les prévisions de recettes qui sont l'explication d'un déficit de 5,5 % en 2023. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.) Nos prévisions n'étaient sans doute pas bonnes. (Exclamations sur les mêmes travées.) Mais - je tiens tout de même à le rappeler - personne ne les a contestées quand elles ont été formulées. (Vives protestations sur les travées des groupes SER, CRCE-K, GEST et Les Républicains. - M. Franck Montaugé lève les bras au ciel.)
Mme Céline Brulin. Si, bien sûr que si !
M. Olivier Paccaud. Vos services ! Vos services !
M. Bruno Le Maire, ministre. Nous avons établi nos prévisions de croissance ainsi que notre projet de budget en août et en septembre 2023 et, lorsque nous avons présenté nos prévisions de recettes, le Premier président de la Cour des comptes, comme c'est l'usage, a présenté la conclusion du Haut Conseil des finances publiques (HCFP). On pouvait lire dans l'avis du 22 septembre 2023 : « Pour 2023, le Haut Conseil estime que les prévisions de prélèvements obligatoires du Gouvernement sont plausibles. »
À mon sens, plutôt que de s'invectiver sur le sujet, mieux vaut comprendre...
M. Olivier Paccaud. Assumer !
M. Bruno Le Maire, ministre. ... comment l'inflation, que nous n'avions pas connue depuis les années 1970, a eu un impact sur les prévisions de recettes...
M. Jean-François Husson. Ah, ça y est !
M. Bruno Le Maire, ministre. ... pour aboutir au résultat d'aujourd'hui.
Ensuite, le plus important me semble être de regarder comment tenir les comptes publics dans les années qui viennent.
Je confirme ma détermination totale à revenir sous les 3 % de déficit public... (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. François Bonhomme. Encore heureux !
M. Bruno Le Maire, ministre. ... à l'horizon de 2027.
Je confirme que, pour parvenir à 3 %, au-delà des 10 milliards d'euros d'économies que nous avons déjà dégagés en 2024, lesquels s'ajoutent aux 8 milliards d'euros que nous avons immédiatement faits à la fin du mois de décembre dernier - le total est donc de 18 milliards d'euros d'économies sur le budget de l'État -, des économies complémentaires seront nécessaires. Il faudra que nous les regardions ensemble. Je ne peux pas les chiffrer aujourd'hui, car nous n'avons pas tous les éléments dont nous avons besoin.
Mme Céline Brulin. Et les recettes ?
M. Bruno Le Maire, ministre. Nous devons, dès 2024, nous engager vers les 3 % de déficit en 2027. Il faudra des économies ; il faudra des réformes de structure ; et il faut avant tout savoir quelle société nous voulons.
Pour notre part, nous voulons une société du travail, ce qui suppose de réformer l'indemnisation du chômage ; une société de la responsabilité - c'est précisément dans cet esprit que nous avons doublé la franchise sur les médicaments - ; et une société de l'innovation et de l'investissement...
M. le président. Il faut conclure.
M. Bruno Le Maire, ministre. ... pour maintenir la croissance de notre pays. C'est à cette vision de la société que doivent répondre nos objectifs de finances publiques. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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