Conséquences de la suppression de la navette Nice - Paris Orly d'Air France
Posée le 21/03/2024 • Ministère interrogé : Transports
Alexandra Borchio Fontimp Les Républicains
Sénatrice — Alpes-Maritimes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/04/2024
Mme Alexandra Borchio Fontimp. Le 18 octobre 2023, la compagnie Air France a annoncé, via un simple communiqué, mettre fin à ses liaisons aériennes en partance et en provenance de l'aéroport d'Orly. Notre compagnie, pourtant nationale, ne desservira donc plus Nice, Marseille ou encore Toulouse dès 2026. Il s'agit d'une décision brutale, lourde de conséquences, prise sans aucune concertation avec les élus et acteurs concernés ! Ce sont pourtant ces derniers qui, par leur travail de qualité, permettent d'attirer les voyageurs vers nos territoires, et ce grâce à des événements de renommée mondiale.
Sénatrice des Alpes-Maritimes, mais aussi présidente du comité régional du tourisme Côte d'Azur France, je le regrette sur un plan non seulement humain, mais également économique, puisque nous sommes la première destination touristique après Paris.
Cette dégradation de l'offre inquiète, et à juste titre ! J'ai saisi le Gouvernement. Avec Éric Ciotti, nous avons rencontré les syndicats du personnel, très inquiets, comme vous vous en doutez. Puis, nous avons alerté - encore ! - le Premier ministre, le 2 avril dernier, afin que la compagnie prenne le temps de la concertation.
Je le précise, l'alternative ferroviaire n'est pas une option crédible pour nous. Un trajet en train entre Nice et Paris, c'est, en moyenne, sept heures : un déplacement pour un rendez-vous professionnel dans la journée est donc impossible !
Vous allez me répondre que le Gouvernement sera « attentif » à la situation. Mais le président de Transavia a refusé de s'engager à maintenir les créneaux actuels d'Air France et la qualité du service sera inférieure ; c'est le principe d'une compagnie low cost.
Le plus grave demeure le message envoyé. La province est abandonnée, méprisée, déclassée. Le 12 décembre, à l'Assemblée nationale, le Gouvernement a publiquement regretté cette décision et s'est engagé à mener une concertation avec les élus. Quatre mois plus tard, toujours rien !
Je vous le demande solennellement : quand serons-nous associés au devenir des liaisons opérées par la filiale d'Air France entre Paris et nos territoires ? (Mmes Frédérique Puissat et Marie-Arlette Carlotti applaudissent.)
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Guillaume Kasbarian, ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement. Madame la sénatrice Borchio Fontimp, les annonces de la compagnie Air France doivent s'analyser au regard des évolutions structurelles de la demande sur le marché domestique depuis la crise sanitaire.
Durant cette crise, les organisations et les habitudes de travail ont - vous le savez - profondément évolué et entraîné une baisse du trafic aérien lié au voyage d'affaires, en particulier sur les liaisons de et vers Paris.
Alors que, dès novembre 2023, le trafic aérien en France a retrouvé son niveau de 2019, la fréquentation sur les lignes radiales du trafic domestique dépassait à peine 70 % de son niveau d'avant crise au mois de février. Le trafic de la navette Orly-Nice a baissé de près de 60 % par rapport à 2019. La clientèle d'affaires est ainsi passée d'un peu plus de 100 000 passagers en 2019 à 50 000 en 2023.
Dans ce contexte, il est souhaitable qu'Air France mette en oeuvre des solutions permettant d'améliorer sa rentabilité ; c'est la condition de sa pérennité face à la concurrence.
Toutefois, le Gouvernement vous rejoint sur le fait que ces évolutions ne doivent pas se faire au détriment des territoires et de leur connectivité. Le groupe a bien confirmé que cette évolution s'accompagne, d'une part, du renforcement des liaisons opérées par Air France de Nice vers Paris-Charles de Gaulle, dont le nombre de rotations est passé de sept par jour en 2019 à dix par jour à l'été 2024 et continuera d'augmenter, et, d'autre part, du développement des liaisons de Transavia vers Paris-Orly.
La compagnie Transavia, en pleine croissance, pourra utiliser sur ses lignes au départ d'Orly les nouveaux Airbus A320neo, qui remplacent progressivement depuis 2024 les Boeing 737 d'ancienne génération, ce qui est - nous le pensons - un gage d'amélioration des conditions de transport des passagers.
Le Gouvernement est conscient de l'importance du maintien de la connectivité de Nice et de la Côte d'Azur. Le ministre délégué chargé des transports veillera à ce que le groupe Air France y reste un acteur majeur au service du territoire et de ses acteurs. Celui-ci tient également à vous faire part du travail qui a été lancé entre la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, la ville et le groupe Air France sur l'avenir de la desserte de la ville de Nice. Nous y sommes particulièrement attentifs.
Pour plus d'informations, je vous invite à vous rapprocher du ministre délégué chargé des transports, qui suit évidemment le sujet avec grande attention.
Source : senat.fr ↗
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