Participation des collectivités territoriales à la réduction du déficit
Posée le 01/05/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Simon Uzenat SER
Sénateur — Morbihan
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/05/2024
M. Thomas Cazenave, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics. Monsieur le sénateur, l'État et les collectivités territoriales partagent bien des choses, notamment les finances publiques.
J'en veux pour preuve que, au cours des crises que nous avons traversées, l'État a toujours soutenu les collectivités territoriales (Murmures sur les travées du groupe Les Républicains.), par des fonds exceptionnels, par le filet de sécurité inflation, par le fonds vert, que vous avez évoqué et qui n'existait pas avant le début de cette mandature. De fait, nous avons toujours été aux côtés des collectivités territoriales.
Aujourd'hui, que leur dit-on, en responsabilité ? Que nous devons, ensemble, redresser les finances publiques. (Mme Sophie Primas s'exclame.) C'est l'intérêt de l'État, c'est l'intérêt des collectivités territoriales et c'est l'intérêt de la sécurité sociale.
Les finances publiques sont un objet commun ! Nous ne disons pas aux collectivités de réduire leurs dépenses ; nous leur demandons de faire en sorte que leurs dépenses de fonctionnement augmentent un peu moins vite que l'inflation. (Mme Sophie Primas proteste.)
M. François Bonhomme. Vous leur faites les poches !
M. Thomas Cazenave, ministre délégué. Tel est l'accord que nous devons trouver avec elles. (Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains.)
Une partie de cet hémicycle nous demande de faire plus d'économies, tout en nous reprochant de dire aux collectivités d'essayer de ralentir leurs dépenses ! J'y vois une légère contradiction...
Pour répondre à votre question, monsieur le sénateur, je vous indique que, avec Bruno Le Maire, Christophe Béchu et Dominique Faure, j'ai réuni le Haut Conseil des finances publiques locales (HCFPL). La feuille de route qui y a été tracée, ce n'est pas celle des contrats de Cahors : nous avons simplement demandé aux collectivités s'il était possible de s'accorder sur des économies qui seraient bonnes à la fois pour elles et pour nous.
Le maire de Charleville-Mézières, Boris Ravignon, s'est vu confier une mission destinée à identifier, collectivement, les pistes d'économies possibles. Le député Éric Woerth, quant à lui, a été chargé par le Président de la République de proposer une clarification des compétences, de manière à faire plus simple et moins coûteux.
Je suis convaincu que nous parviendrons à trouver cette ligne de crête. Aux côtés de Dominique Faure, de Bruno Le Maire, de Christophe Béchu et de l'ensemble des associations d'élus locaux, j'y suis engagé.
M. le président. La parole est à M. Simon Uzenat, pour la réplique.
M. Simon Uzenat. Monsieur le ministre, vous n'avez pas pris position sur le rapport de l'inspection générale des finances : j'en déduis que vous en partagez les orientations.
Nous le disons et redisons à chaque séance : les élus locaux ont besoin de visibilité pour leurs finances et pour leur budget. C'est un impératif démocratique, au niveau local comme au niveau national. Cela passe par un projet de loi de finances rectificative, par un débat, comme l'a demandé le président de notre groupe, en application de l'article 50-1 de la Constitution. Vous le devez aux Français.
Aller chercher des recettes, c'est possible. Mise en place d'un ISF climatique, taxation des superprofits, révision des niches : il existe de nombreux leviers. Les élus locaux nous attendent. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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