Entreprises en difficulté dans le Morbihan
Simon UzenatSER
Sénateur — Morbihan
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/07/2026M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur Uzenat, je vous remercie pour votre question, qui porte sur deux dossiers difficiles.
Duralex, tout d'abord, c'est un dossier que je connais bien, car j'étais moi-même ministre de l'industrie lorsque nous avons organisé, avec la société coopérative et participative (Scop), la reprise de l'entreprise en question. Celle-ci fait face à des difficultés de trésorerie et entre en processus de redressement judiciaire. Nous disposons néanmoins de suffisamment de trésorerie pour tenir jusqu'à la fin du mois d'août et nous espérons trouver d'ici là un repreneur pour cette entreprise emblématique de taille intermédiaire, qui compte environ 250 salariés, et qui est très importante pour la région, notamment pour la commune dans laquelle elle est installée. Nous allons évidemment suivre cela de très près. Comme ce fut le cas à l'occasion de la reprise par la Scop, l'État est prêt à accompagner un repreneur potentiel.
Pour l'instant, c'est une double défaite : d'une part, pour l'entreprise ; de l'autre, pour les salariés qui s'étaient constitués en Scop.
En ce qui concerne Fonderie de Bretagne, une entreprise également emblématique de votre département, je ne vous laisserai pas dire que l'État n'a pas collaboré avec les collectivités locales. Vous le savez, dans le cadre de la reprise par Europlasma, l'État s'est engagé aux côtés de la région et de l'agglomération : 7 millions d'euros au total, dont 5,5 millions d'euros pour l'État et 1,5 million d'euros pour l'agglomération et pour la région. Ces 7 millions d'euros n'ont pas été versés. Pourquoi ? Parce que, je vous rejoins sur ce point, Europlasma n'a pas fait sa part du marché. Les repreneurs s'étaient engagés à verser 15 millions d'euros, ce qu'ils n'ont jamais fait. C'est la raison pour laquelle l'État, en coordination avec les collectivités locales, a évidemment levé son crayon et n'a pas souhaité mettre de l'argent dans une entreprise qui n'était pas suffisamment soutenue par son actionnaire.
Que faire à partir de maintenant ? D'abord, il faut mobiliser Renault pour dégager de la trésorerie. Vous savez que cette entreprise a mis de l'argent en fiducie dans le cadre de la reprise. Nous souhaitons collaborer avec elle pour que cet argent permette de gagner du temps, de passer en redressement judiciaire et, ensuite, de trouver un repreneur.
Je vous rappelle tout de même qu'à l'époque, en avril 2025, Europlasma était le seul repreneur disponible. J'aurais préféré que d'autres industriels soient prêts à reprendre cette entreprise. Nous aurions alors pu, tout du moins le tribunal, faire un choix. Mais tel ne fut pas le cas. Nous avons donc retenu la seule offre déposée, et je vous rejoins sur le fait que ce candidat à la reprise n'a pas offert ce que nous attendions.
Il faut que nous remettions le travail sur l'établi et que nous cherchions des repreneurs pour cette entreprise, qui a de l'avenir.
M. le président. Il faut conclure !
M. Roland Lescure, ministre. Nous allons tout faire pour cela.
Source : senat.fr ↗
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