Aide médicale d'État
Posée le 06/06/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Francis Szpiner Les Républicains
Sénateur — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/06/2024
M. Frédéric Valletoux, ministre délégué auprès de la ministre du travail, de la santé et des solidarités, chargé de la santé et de la prévention. Monsieur le sénateur Szpiner, l'engagement de l'État est ferme, il a été rappelé à deux reprises, et par la Première ministre Borne et par l'actuel Premier ministre dans son discours de politique générale. L'intention est toujours, sur la base du rapport commandé à Patrick Stefanini et Claude Évin, de réformer ou d'ajuster- de faire évoluer en tout cas - le dispositif de l'aide médicale de l'État (AME).
J'entends toutefois des caricatures sur ce sujet. Il s'agit d'un dispositif de santé publique visant à protéger la santé individuelle de personnes qui sont sur le territoire français, ce qui a aussi pour effet de protéger la santé collective de la population. Je rappelle, pour ceux qui auraient des doutes, le cas de l'Espagne qui, en 2012, avait cru bon de supprimer un dispositif identique et qui l'a réintroduit en 2018, compte tenu de la surmortalité et de la résurgence de maladies infectieuses dans le pays.
M. Xavier Iacovelli. Très bien !
M. Frédéric Valletoux, ministre délégué. En France, le rapport de MM. Stefanini et Évin indique qu'une réforme réglementaire est tout à fait possible. Il en dessine la voie, dans le sillage de la réforme de 2019. Celle-ci avait déjà constitué un ajustement d'ampleur du dispositif, qui malheureusement n'avait pas été salué sur toutes les travées, mais qui avait été opéré par l'actuelle majorité.
Il est nécessaire de lutter contre quelques abus, mais tout dispositif public en produit - on le sait. Je le redis, il est possible d'ajuster le dispositif, qui est essentiel à notre pays, par voie réglementaire. Le calendrier sera donc tenu.
Le Premier ministre a l'habitude de tenir ses engagements : sur ce sujet, il vous le prouvera dans quelques semaines. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - Mme Laurence Rossignol applaudit également.)
M. le président. La parole est à M. Francis Szpiner, pour la réplique.
M. Francis Szpiner. Je rappelle qu'il s'agit tout de même d'une économie envisageable de 400 millions d'euros : ce n'est pas négligeable par les temps qui courent, où notre note est non pas dégradée, mais ajustée...
Je constate encore une fois que les intentions sont là, mais que, pour les actes, le calendrier est très juste ! Pour honorer la parole de deux Premiers ministres, il faudrait que vous nous soumettiez un texte sous quinze jours. Il y en a vraiment assez de voir se dégrader la parole publique ! Vous prenez des engagements qui ne sont pas tenus : c'est toujours pour demain, après un rapport, etc. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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