Soutien du Gouvernement à la filière biologique
Posée le 10/10/2024 • Ministère interrogé : Agriculture, souveraineté alimentaire et forêt
Daniel Salmon GEST
Sénateur — Ille-et-Vilaine
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/10/2024
Mme Annie Genevard, ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt. Monsieur le sénateur Daniel Salmon, vous m'interrogez sur la crise qui frappe la filière bio dans notre pays. Vous êtes un bon connaisseur de cette filière et vous savez que les problèmes sont d'ordre à la fois conjoncturel et structurel.
D'ordre conjoncturel, parce que l'inflation a conduit les ménages à diminuer la part de l'alimentation, notamment celle de l'alimentation bio, dans leurs dépenses.
D'ordre structurel du fait des difficultés pour ce marché à trouver des débouchés à la mesure de son intérêt et des efforts qui sont consentis par les filières elles-mêmes et par l'État.
Nous faisons d'abord face à un enjeu de revenus pour nos agriculteurs, mais aussi à un enjeu de souveraineté alimentaire et de transition écologique.
Monsieur le sénateur, le Gouvernement n'a jamais cessé d'apporter son aide aux filières bio. Vous considérez qu'elle n'est pas suffisante compte tenu des difficultés qu'elles connaissent, mais je voudrais rappeler quelques éléments.
Je veux tout d'abord évoquer les aides d'urgence de trésorerie : près de 104 millions d'euros en 2023, puis 90 millions en 2024 avec des critères d'éligibilité élargis.
Des aides pérennes ont également été mises en place : un crédit d'impôt en faveur de l'agriculture biologique à hauteur de 109 millions d'euros et plus de 50 millions d'euros pour l'écorégime.
Sur la planification écologique, le budget du fonds Avenir Bio a été porté à 18 millions d'euros par an et il est en hausse de 5 millions.
Enfin, le budget de communication pour valoriser les productions bio a été porté à 5 millions d'euros par an pour soutenir une campagne de communication massive sur la consommation de ces produits.
Le dernier point que je veux évoquer est la part des produits issus de l'agriculture biologique dans la restauration collective : elle a été portée à 20 %.
M. le président. Il faut conclure, madame la ministre.
Mme Annie Genevard, ministre. L'agriculture biologique est un pan essentiel de notre agriculture. Elle fait vivre des agriculteurs et je veux vous dire très solennellement que je serai à leur côté par la politique que j'entends conduire en la matière. (Applaudissements sur des travées des groupes Les Républicains et UC.)
M. le président. La parole est à M. Daniel Salmon, pour la réplique.
M. Daniel Salmon. Madame la ministre, quel est le bilan de la dernière décennie ? Cent mille fermes en moins, des agriculteurs en colère et déprimés, l'effondrement de la biodiversité.
Ce sont surtout énormément de coûts cachés dans notre système alimentaire. On estime ainsi à 19 milliards d'euros le coût sur la santé de l'alimentation actuelle. Faisons la vérité des prix ! Non, la bio n'est pas chère.
Monsieur le Premier ministre, vous avez introduit le principe pollueur-payeur dans notre droit. Faisons-le vivre ici et nous verrons quelle agriculture est la moins chère ! (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
Source : senat.fr ↗
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