Précarité étudiante et situation financière des universités
Posée le 10/10/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Yan Chantrel SER
Sénateur — Français établis hors de France (Série 2)
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/10/2024
M. Patrick Hetzel, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le sénateur Chantrel, permettez-moi tout d'abord de revenir sur la question étudiante, à laquelle vous avez fait référence, en citant quelques chiffres.
La rentrée 2024 est en train de se dérouler. On constate que le nombre de demandes d'accès aux bourses étudiantes est quasi équivalent à celui que nous avons connu au cours des années précédentes. Vous le savez sans doute, puisque vous connaissez très bien ce secteur. On compte aujourd'hui 750 000 boursiers, tous ministères confondus ; ces bourses sont gérées, sur l'ensemble du territoire national, par le réseau des Crous (centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires). La bourse mensuelle perçue par ces étudiants va de 145 à 633 euros, pour un budget global annuel de 2,24 milliards d'euros. De cet effort, je tire une première conclusion, importante à rappeler : la Nation est pleinement au rendez-vous pour soutenir nos étudiants.
Il convient en outre de rappeler que ces boursiers sont exonérés des frais d'inscription et des frais annexes ; ils sont évidemment prioritaires pour l'affectation des logements gérés par le réseau des Crous.
À cela s'ajoute une action très volontariste : les repas à 1 euro offerts aux étudiants boursiers, ainsi qu'à ceux, auxquels vous faisiez référence, qui peuvent être en situation de précarité. Ce programme a offert, depuis un an, plus de 22 millions de repas. Encore une fois, l'effort de la Nation est réel.
Je veux enfin évoquer quelques éléments sur la dégradation des comptes des établissements d'enseignement supérieur à laquelle vous avez fait référence. Cette dégradation, objectivement, n'est pas nouvelle : elle date de 2022 et résulte très largement d'une explosion du coût des fluides, ainsi que de l'effet de l'inflation sur les autres dépenses. En tout état de cause, cette situation donne lieu aujourd'hui à un dialogue très étroit entre mes services et les établissements concernés, mais aussi les recteurs, qui vont accompagner ces situations.
M. le président. Il faut conclure, monsieur le ministre !
M. Patrick Hetzel, ministre. Soyez pleinement assuré, monsieur le sénateur, que nous ferons le maximum pour que notre service public de l'enseignement supérieur et de la recherche soit pleinement au rendez-vous, avec une attention toute particulière apportée aux étudiants les plus fragiles, comme l'a souhaité M. le Premier ministre. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Yan Chantrel, pour la réplique.
M. Yan Chantrel. Monsieur le ministre, je suis désolé, mais votre réponse n'est pas à la hauteur de la crise de la précarité étudiante. Je note d'ailleurs que vous n'avez pas repris ici une phrase que vous avez prononcée lors de la passation de pouvoirs : vous disiez alors que l'enseignement supérieur et la recherche, ce « n'est pas une dépense, c'est un investissement ». J'ai envie de vous dire : prouvez-le en actes ! (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées des groupes CRCE-K et GEST.)
Source : senat.fr ↗
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