Assurance chômage des travailleurs transfrontaliers
Posée le 10/10/2024 • Ministère interrogé : Travail et emploi
Annick Jacquemet UC
Sénatrice — Doubs
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/10/2024
Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du travail et de l'emploi. Madame la sénatrice Annick Jacquemet, vous avez tout dit ! Il s'agit d'un vrai sujet de préoccupation.
La question de l'indemnisation du chômage des travailleurs transfrontaliers relève d'un règlement européen. C'est à ce niveau que nous souhaitons maintenant agir résolument, au regard des chiffres que vous avez cités.
Nous avons déjà pris contact avec la Pologne, qui assurera la présidence du Conseil européen au prochain semestre ; nos partenaires polonais se sont montrés plutôt intéressés, car il faut savoir que la France n'est pas le seul pays concerné par cette question.
Mais il y a des choses que l'on peut faire, d'ores et déjà, à l'échelle nationale.
Premièrement, on peut redéfinir ce qu'est une « offre raisonnable d'emploi ».
M. Loïc Hervé. Très bien !
Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre. En effet, aujourd'hui, bon nombre de transfrontaliers de retour en France et inscrits à France Travail sont en droit de refuser une offre d'emploi en France au motif qu'elle n'est pas raisonnable au regard des salaires offerts de l'autre côté de la frontière, que ce soit en Suisse ou au Luxembourg. Nous souhaitons revisiter cette question pour que la notion d'« offre raisonnable d'emploi » soit comprise dans le contexte du marché du travail français.
Deuxièmement, les agences France Travail peuvent offrir un accompagnement renforcé aux travailleurs transfrontaliers. Dix-neuf d'entre elles accueillent aujourd'hui l'essentiel des 77 000 travailleurs transfrontaliers. Depuis quelques semaines, elles leur fournissent un accueil spécifique et un accompagnement renforcé, dans un esprit d'incitation à un retour plus rapide sur le marché du travail.
Cela étant dit, madame la sénatrice, croyez à ma réelle détermination en la matière : dans le contexte actuel de nos finances publiques, ce genre de chiffre n'est tout simplement plus acceptable.
M. Loïc Hervé. Il faut y aller vraiment !
Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre. Je serai donc heureuse de revenir devant vous dans quelques mois à l'occasion d'une prochaine question pour vous dire où nous en sommes. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI, UC et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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