Perspectives pour les soignants dans un contexte de maîtrise des finances publiques
Posée le 17/10/2024 • Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Philippe Mouiller Les Républicains
Sénateur — Deux-Sèvres
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/10/2024
Mme Geneviève Darrieussecq, ministre de la santé et de l'accès aux soins. Monsieur le président Mouiller, je ne sais si les comptes sont à la dérive ; ce que je pense, c'est que notre système de financement et nos comptes ne sont plus adaptés aux enjeux démographiques et aux enjeux de santé du moment.
Pour ce qui est du PLFSS dont nous allons débattre dans les semaines à venir, je veux rappeler qu'il ne s'agit pas d'un texte de rigueur : il y est prévu que l'objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam) augmente de 9 milliards d'euros, ce qui est considérable.
M. Mickaël Vallet. De combien est l'inflation ?
Mme Geneviève Darrieussecq, ministre. Il n'y a pas non plus de crainte à avoir pour les soignants : nous respectons nos engagements conventionnels, par exemple auprès des médecins généralistes, qui verront le tarif de leurs consultations passer à 30 euros, comme cela avait été négocié avec eux par l'assurance maladie.
Nous respectons aussi les engagements du Ségur, c'est-à-dire les augmentations salariales, et, bien sûr, le « Ségur investissement », qui acte la nécessaire transformation des bâtiments de nos établissements de santé. J'y insiste : la trajectoire est respectée !
Cela étant, vous l'avez dit, monsieur le président Mouiller, ce qui est devant nous, c'est l'avenir. Or, cet avenir, il faut que nous le construisions ensemble. La prévention doit donc être, dans notre système de santé, l'élément à développer en priorité. Vieillir en bonne santé ou dans la meilleure santé possible réduira de facto les frais d'assurance maladie. Actuellement, l'assurance maladie couvre 80 % des considérables dépenses de soins des Français ; il y a dix ans, elle en couvrait 76 %. Dans le même temps, la part couverte par les assurances complémentaires est passée de 13 % à 12 %.
Nous avons donc beaucoup à faire en matière de structuration et de financement du système. (M. François Patriat applaudit.)
M. Jacques Grosperrin. Ah ça !
M. le président. La parole est à M. Philippe Mouiller, pour la réplique.
M. Philippe Mouiller. Je vous remercie, madame la ministre, pour votre réponse. C'est dans une situation d'urgence que nous devons prendre des décisions, nous l'entendons. Mais le Sénat va être porteur de propositions de réformes de fond en matière de santé et de dépendance. C'est par les réformes, en effet, que nous éviterons de nous retrouver l'année prochaine dans les mêmes débats, car nous nous serons dotés de réelles perspectives d'avenir. (Très bien ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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